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Defens'Aero

L'achat des Mirage F1 français coûterait 40 millions d'euros à l'Argentine

© Armée de l'Air - Le «vanille-choco» décoré lors du retrait du service actif des Mirage F1.

Depuis le retrait de ses derniers Mirage IIIEA/DA, Mirage 5P, et Nesher le 29 novembre 2015, la Fuerza Aérea Argentina ne dispose plus d'appareil spécialisé dans le combat aérien puisque les Mirage III étaient, au départ, des intercepteurs purs pouvant évoluer à Mach 2.2.

A ce jour, Buenos Aires est capable de mettre en oeuvre uniquement des avions d'attaques au sol avec, sur le papier, vingt-deux A-4 Skyhawk, trente-et-un IA-58 Puracà, et une vingtaine de IA-63 Pampa (semblable à l'Alpha Jet).

Depuis plusieurs années maintenant, l'Argentine réfléchit à l'achat d'un nouvel avion de combat afin de moderniser sa force aérienne et de l'équiper avec un avion de 3ème ou 4ème génération. Mais en raison des difficultés économiques du pays et des coupes budgétaires dans les forces argentines, cet achat a toujours été retardé, mais a aussi fait couler beaucoup d'encres.

En effet, à plusieurs reprises, des annonces ont été faites sur le futur avion de combat, que ce soit par des médias spécialisés ou par la Fuerza Aérea Argentina. Un temps, après le retrait des Mirage F1 de l'Ejercito del Aire, en juin 2013, il était question pour l'Argentine de racheter ces mêmes Mirage F1 d'occasions. Toutefois, dans les mois qui ont suivi, d'autres concurrents souhaitaient eux-aussi se positionner pour remporter ce marché.

Parmi les potentiels successeurs, il y a notamment le JF-17 Thunder développé en coopération entre le Pakistan (industrie aéronautique et armée de l'air) et la Chine (Chengdu Aircraft Industries Corporation), des F-16 d'occasions de Lockheed Martin (mais trop cher à acheter et à entretenir), des JAS-39 Gripen construits au Brésil (mais le Royaume-Uni s'est opposé à cela), ainsi que des Kfir d'Israel Aerospace Industries, ayant appartenu à la Force Aérienne Israélienne.

Cette solution semblait la plus envisageable, tant par le coût de l'achat que par les appareils en eux-mêmes, puisque leur conception est basée sur le Mirage 5 français, qui équipait la Fuerza Aérea Argentina.

Mais outre ces différents avionneurs, l'Argentine s'est aussi rapprochée de la France, comme cela a été évoqué à plusieurs reprises, avec un certain intérêt pour l'achat des Mirage F1, retirés du service actif en juin 2014, voir même d'un certain nombres de Mirage 2000, mais ce qui semble toutefois moins probable.

© Armée de l'Air - Au-dessus des Pays Baltes, lors d'un détachement pendant l'opération Baltic Air Policing.

© Armée de l'Air - Au-dessus des Pays Baltes, lors d'un détachement pendant l'opération Baltic Air Policing.

En effet, depuis maintenant plusieurs mois, des rumeurs de discussions de plus en plus poussées entre Buenos Aires et Paris pour la revente des Mirage F1 d'occasions se font entendre.

La dernière en date, du côté de la partie argentine, a été évoquée par le quotidien argentin La Nacion, dans un article publié le 15 juin 2016. Selon la journaliste, le Ministre argentin de la Défense Julio Martínez lui a confirmé que l'Argentine est actuellement en négociation pour l'achat de Mirage F1 d'occasions.

Mais plus récemment, c'est en France, et par la voix elle-même du Ministère de la Défense Jean-Yves Le Drian que ces discussions et négociations ont été officialisées. 

En effet, comme l'a souligné l'excellent blog Zone Militaire, c'est lors d'une audition devant l'Assemblée Nationale, qui avait pour objet la présentation du projet de loi de finances 2017, que le Ministre a donné les différentes sources d'investissements des recettes exceptionnelles (REX).

Ces REX pourraient être approvisionnées par, notamment, la vente d'une douzaine de Mirage F1CR/CT, pour un montant de 40 millions d'euros. Lors de l'audition, Jean-Yves Le Drian a expliqué que «nous attendons 40 millions de la vente des Mirage F1 à l’Argentine, mais celle-ci n’a pas encore pris sa décision».

Pour autant, la vente ne semble pas pour de suite puisqu'il a ajouté qu'il est actuellement «difficile d’affirmer que cette recette abondera le budget 2017». 

Selon nos informations, d'anciens mécaniciens de l'Armée de l'Air française, qui ont opéré sur les Mirage F1, ont été contactés par des sociétés aéronautiques françaises pour faire un état des lieux de la flotte des Mirage F1 français, dont une partie est conservée en état de vol au sein de l'Elément Air Rattaché 279 de Châteaudun.

En outre, ces négociations porteraient aussi sur l'achat de turbopropulseurs Astazou XVI-G, qui équipent actuellement la flotte des IA-58 Pucara, et qui sont développés et construits par l'avionneur français Turboméca (aujourd'hui Safran Helicopter Engines).

Enfin, dans un tout autre registre, l'Argentine négocie aussi avec la France pour l'achat de pièces de rechange issues de la flotte des Super-Etendard Modernisés de la Marine Nationale, qui ont été retirés du service actif le 12 juillet 2016. Outre les pièces de rechange, il serait aussi question de l'achat de simulateurs de vol.

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