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Defens'Aero

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La France s'apprêterait à revendre près de 80 cellules de Mirage F1

La France s'apprêterait à revendre près de 80 cellules de Mirage F1

© Armée de l'Air - Convoyage de Mirage F1-CR et F1-CT français en Afrique.

© Armée de l'Air - Convoyage de Mirage F1-CR et F1-CT français en Afrique.

EXCLUSIF !

Depuis le 13 juin 2014, l'Armée de l'Air française a retiré de son parc aérien les derniers Mirage F1-CR et F1-B qui étaient encore en service au sein de l'Escadron de Reconnaissance 2/33 «Savoie».

Depuis cette date, de nombreuses rumeurs ont circulé sur une possible revente de plusieurs de ces cellules, dont certaines disposent encore d'un certain potentiel d'heures de vol.

Plusieurs pays ont notamment été évoqués au cours de ces dernières années, du Maroc (qui fait encore voler ses Mirage F1 MF2000), en passant par la Libye post-révolutionnaire ainsi que l'Argentine.

Mais ces négociations n'ayant toujours pas atteint leur but à ce stade, il se pourrait que les anciens Mirage F1 français ne portent pas de cocardes étatiques, mais plutôt le logo d'une société privée, spécialisée dans la prestation de services au profit des forces armées.

En effet, selon nos informations, des négociations sont actuellement en cours entre la France et des acteurs privés pour la vente de jusqu'à 80 cellules de Mirage F1 ayant appartenu à l'Armée de l'Air française.

Elles sont conservées depuis leur retrait dans les hangars du Groupement d’Entretien Réparation et Stockage Aéronefs (GERSA), implanté au sein de l'Element Air Rattaché (EAR) 279 de Châteaudun.

Sur cette quatre-vingtaine de cellules, une trentaine conserve encore un certain potentiel de vol qui est calculé en fonction de l'usure des pièces et du nombre total d'heures de vol depuis la mise en service de l'avion.

La cinquantaine de cellules restante devrait, elle, être utilisée en tant que stock pour les pièces de rechange au profit des appareils qui voleront.

Plusieurs entreprises privées spécialisées dans la prestation de services seraient intéressées et en discussion avec les autorités militaires françaises dans le cadre de cette vente. Parmi ces acteurs engagés, l'un d'eux serait très intéressé. 

Il pourrait s'agir, mais sans confirmation ferme de la part de nos sources, de Draken International, l'une des sociétés leader sur le marché, ainsi que Airborne Tactical Advantage Company (ATAC) et Air USA.  

La première dispose déjà d'une importante flotte «Chasse» avec des L-159E Alca, A-4 Skyhawk, MB-339CB, MIG-21bis «Fishbed» et L-39 Albatros. La seconde, détenue par l'entreprise américaine Textron Company, fait voler des F-21 Kfir, MK-58 Hawker Hunter et des L-39 Albatros. Enfin, la dernière opère avec des Hawk, des Alpha Jet (ex-Luftwaffe), des L-59 Super Albatros et des MIG-29 «Fulcrum».

Depuis la baisse des budgets alloués aux forces armées et avec le retrait dans de nombreux pays d'anciens appareils datant des années 70/80, ces sociétés privées se sont multipliées en Amérique, notamment aux Etats-Unis, ainsi qu'en Europe.

Ces entreprises permettent aux ministères de la Défense intéressés de louer des services à des entités extérieures, ce qui permet alors, notamment en France, de garder du potentiel sur les aéronefs de l'Etat et de ne pas impliquer les militaires (navigants et personnel au sol) déjà surchargés par d'autres activités, dont les opérations extérieures.

L'intégration de ces aéronefs privés se fait, en particulier, dans des missions air-air où ils assurent le rôle d'Aggressors (ou Red Air / opposants), et/ou dans des missions air-sol et air-mer avec la simulation d'un appui aérien rapproché ou celle de l'attaque d'un bâtiment de surface.

Elles sont largement utilisées aux Etats-Unis, mais aussi en Europe lors d'exercices majeurs ou directement avec certains Etats, comme la France. A titre d'exemple, la Marine Nationale s'entraîne avec les avions de Draken International, qui sous-traite ce contrat à la société française Secapem.

Par ailleurs, ces sociétés permettent également au personnel navigant et aux mécaniciens de poursuivre dans le civil, au terme de leur carrière militaire, une activité qu'ils affectionnent tout particulièrement.