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Defens'Aero

La base aérienne de Niamey est désormais dépourvue de chasseurs

Photo : © EMA - Ravitaillement en vol d'un Mirage 2000C au-dessus du Sahel.
Photo : © EMA - Ravitaillement en vol d'un Mirage 2000C au-dessus du Sahel.

Comme cela a été annoncé en exclusivité ici-même sur Defens'Aero le 18 Février 2016, les deux Mirage 2000D de l'opération Barkhane, qui étaient stationnés sur la base aérienne de Niamey, au Niger, sont rentrés en France afin de rejoindre le lendemain la base aérienne projetée en Jordanie, dans le cadre de l'opération Chammal, contre l'Organisation Etat Islamique.

A leurs côtés se trouvaient également deux Mirage 2000C de l'Escadron de Chasse 2/5 «Ile de France» qui avaient été déployés dans la bande sahélo-saharienne en Juillet 2015 afin de soulager les aviateurs de la 3ème Escadre de chasse de Nancy-Ochey (BA 133), pilotes et mécaniciens au sol, ainsi que les appareils, qui passaient de nombreux mois en opération extérieure.

Ces Mirage 2000C, qui devaient, au départ, rentrer en France le Lundi 22 Février, ont finalement quitté le sol africain quelques jours plus tard, soit le 27 Février 2016. Selon mes informations, ce retard qui n'était pas prévu, est dû, en partie, à une grève des contrôleurs aériens de l'aéroport de Niamey. En effet, les aéronefs militaires français qui opèrent depuis Niamey utilisent quotidiennement la piste de l'aéroport civil international Diori Hamani.

Si les aéronefs militaires et civils utilisent la même piste quotidiennement, il est cependant nécessaire de préciser que les moyens aériens de l'Armée de l'Air et des autres compagnies privées travaillant pour le Ministère de la Défense ne sont pas stationnés sur le tarmac civil, puisqu'ils disposent de leurs propres aires de stationnement. Ces aires sont assez importantes puisqu'elles supportent la présence de ravitailleurs C-135FR/KC-135R, des Mirage 2000D/C, des drones Harfang et MQ-9 Reaper, ainsi que des avions de transport et des hélicoptères.

La présence seule des Mirage 2000C n'était pas utile puisque depuis leur engagement au Sahel, ces chasseurs, normalement utilisés pour la supériorité aérienne, doivent obligatoirement disposer d'un désignateur afin de pouvoir tirer sa bombe GBU-12 sur l'objectif. Si les Mirage 2000C évoluaient constamment en patrouille avec un Mirage 2000D (Mixed Fighters Element - MFE), puisque ce dernier dispose d'une nacelle de désignation laser, les 2000C pouvaient toutefois effectuer leurs frappes grâce au ciblage effectué par un JTAC au sol, un Rafale, ou un drone.

L'apport de ces 2000C, outre le fait de soulager la pression sur les aviateurs nancéiens, se caractérisait par la présence des deux canons de 30mm. Cette arme est particulièrement utile pour effectuer une mission de Close Air Support (appui aérien rapproché) au profit des combattants au sol qui seraient dans une impasse. Les canons fournissent une puissance de feu moindre à la GBU, mais qui ne met pas en danger les militaires au sol lorsque ces derniers se trouvent dans le rayon d'action de la charge explosive de la bombe. Leur utilisation a été remarquée à plusieurs reprises, avec une première «passe-canon» effectuée en Octobre 2015.

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