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Defens'Aero

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Un MQ-9 Reaper de l'Armée de l'Air vole pour la première fois dans l'espace aérien français

Un MQ-9 Reaper de l'Armée de l'Air vole pour la première fois dans l'espace aérien français

© Anthony Jeuland - Deux TB-30 Epsilon et le drone Reaper sur fond de la BA 709 de Cognac.

© Anthony Jeuland - Deux TB-30 Epsilon et le drone Reaper sur fond de la BA 709 de Cognac.

Depuis le 31 décembre 2016, l'Armée de l'Air française déploie sur la base aérienne de Niamey, au Niger, cinq drones MQ-9 Reaper (sur un total de six) qui sont opérés par l'Escadron de Drones 1/33 «Belfort».

Ces MQ-9 Reaper, qui ne sont malheureusement pas encore armés, ont pour objectif dans le cadre de l'opération Barkhane, d'illuminer des cibles au laser au profit des avions de combat, mais aussi et surtout, de mener des missions ISR (Intelligence, Surveillance et Reconnaissance) au-dessus de la bande sahélo-saharienne, qui comprend la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad.

Mais l'Afrique n'est maintenant plus le seul continent à voir évoluer au-dessus de ses terres un Reaper français.

En effet, le mardi 4 juillet 2017, le drone MQ-9 Reaper n°612 a décollé de la base aérienne 709 de Cognac-Châteaubernard au cours d'un vol qui a duré, selon l'Armée de l'Air, 05h10.

Ce premier vol au sein de l'espace aérien français avait pour objectif «tester le bon fonctionnement de la machine et de ses deux cabines (calibration des paramètres de secours, vérification des liaisons satellitaires, etc…) et à proroger les qualifications LRE (Launch and Recovery Element - personnel apte à faire décoller et atterrir le Reaper) des équipages français».

Dans les jours à venir, «de nombreuses missions sont d’ores et déjà» programmées explique l'Armée de l'Air. Alors que ce même appareil sera intégré au dispositif particulier de sûreté aérienne (DPSA) à l'occasion du défilé du 14 Juillet à Paris dans le cadre d'une mission opérationnelle, le Reaper sera aussi utilisé pour l’entraînement des personnels de l’escadron.

© Anthony Jeuland / Armée de l'Air - Premier vol d'un drone MQ-9 Reaper au sein de l'espace aérien français.

© Anthony Jeuland / Armée de l'Air - Premier vol d'un drone MQ-9 Reaper au sein de l'espace aérien français.

A compter de 2019, le «Belfort» doit mettre en oeuvre un total de douze MQ-9 Reaper qui seront exploités par trente équipages, que ce soit en France et au Sahel.

En janvier 2017, la DGA indiquait qu'elle avait procédé à la commande, «le 5 décembre 2016, du quatrième système de drones». S'il n'y a pas de retards du côté de chez General Atomics, constructeur des Reaper, la «livraison interviendra en 2019».

Pour rappel, le troisième système de drones a été commandé le 07 décembre 2015, et les appareils devraient être livrés à son utilisateur en 2019, eux aussi.

Ces deux dernières commandes permettront la livraison de Reaper au standard Block 5. Ils disposent d'une nette amélioration de la station de contrôle, ce qui «permet des facilités en termes d’adaptation d’une charge utile différente, en particulier les charges utiles de ROEM» (Renseignements d'Origine Electro-Magnétique), selon le Délégué Général à l'Armement Laurent Collet-Billon.

Par ailleurs, ils sont également équipés d'une nouvelle avionique, d'un système de communication crypté et d'un train d'atterrissage renforcé. Les Reaper réceptionnés au standard Block 1 devraient, normalement, être rétrofités au standard Block 5.

© Anthony Jeuland - Le premier vol en France a duré 05h10.

© Anthony Jeuland - Le premier vol en France a duré 05h10.

Ces appareils sont devenus indispensables pour les opérations terrestres menées par les GTIA déployés au sol dans le Sahel, notamment grâce à leurs différents et puissants capteurs, utilisés de jour comme de nuit et avec une autonomie en vol qui atteint les 24 heures.

La mise en oeuvre des Reaper se fait, selon l'EMA, par quatre opérateurs qui ont chacun une fonction bien précise. Le premier est pilote et se charge de faire évoluer l'appareil dans les airs, le second est un opérateur-capteur, qui a pour mission de faire fonctionner «les divers systèmes d’optronique».

S'en suit du troisième aviateur, appelé opérateur-image, qui se consacre à «l'analyse du renseignement en temps réel», et enfin, du quatrième militaire, le coordinateur-tactique, qui doit faire «remonter au pilote de manière permanente une synthèse des informations transmises par les opérateurs».

Enfin, outre cet équipage, se trouvent à leur côté des aviateurs formés à des spécialités que l'on retrouve dans des escadrons de Rafale. En effet, «l'équipe de spécialistes en renseignement et d’interprétateurs image dissèque, recoupe et légende les clichés fournis par le drone», détaille l'EMA.