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Defens'Aero

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Un A400M de l'Armée de l'Air participe à l'exercice Maple Flag 50 au Canada

Un A400M de l'Armée de l'Air participe à l'exercice Maple Flag 50 au Canada

© ARC - La France a aussi engagé un E-3F SDCA d'Avord, fraîchement modernisé.

© ARC - La France a aussi engagé un E-3F SDCA d'Avord, fraîchement modernisé.

Actuellement, les A400M Atlas de l'Escadron de Transport 1/61 «Touraine» effectuent quotidiennement des missions de transport au profit des forces armées françaises déployées sur des bases prépositionnées (Emirats arabes unis, Djibouti, …) ou en opération extérieure, au Sahel et au Levant.

Mais en parallèle, en France comme à l'étranger, l'expérimentation et l'ouverture de nouveaux domaines de vol se poursuivent avec ce nouvel avion de transport.

C'est donc dans ce cadre là que l'Armée de l'Air française a déployé, sur la base aérienne de Cold Lake, dans le centre du Canada, un A400M Atlas qui a participé à l'exercice annuel majeur, MAPLE FLAG 50.

Ce détachement français, armé par une quarantaine de militaires de l'Equipe de Marque Avion de Transport Tactique 01.338 (EM ATT 01.338) du Centre d'Expertise Aérienne Militaire (CEAM), était piloté par le commandant Éric Brunet, chef de la division A400M au sein de l'EM ATT.

L'Aviation Royale Canadienne (ARC) affirme que ce détachement était composé, entre autres, «d’une multitude de spécialistes, dont des mécaniciens, des officiers renseignement, de neuf pilotes d’essai, de gens qui s’occupent de la préparation et de gens dédiés à la Liaison 16».

Au cours de l'édition 2017, qui s'est tenue du 29 mai au 23 juin 2017 (échelonné sur deux périodes de deux semaines chacune), les aviateurs ont eu pour objectif de «faire la mise en service opérationnelle des capacités tactiques de l'A400M pour progresser dans la compréhension des systèmes et dans l’amélioration qu’on doit en faire pour que l’avion corresponde à nos besoins opérationnels», explique à l'ARC le commandant Brunet.

La présence française, au cours de la deuxième période de l’exercice, a permis de confronter l'A400M et ses systèmes face aux autres vecteurs aériens présents, ainsi qu'aux vecteurs terrestres engagés depuis des zones de travail spécifiques.

© ARC - Atterrissage de l'A400M français pendant l'exercice Maple Flag 50.

© ARC - Atterrissage de l'A400M français pendant l'exercice Maple Flag 50.

Outre les éléments de l'Aviation Royale Canadienne (CF-188 Hornet, CH-146 Griffon, CH-147F Chinook, CC-130J et CC-130T Hercules), l'Atlas a aussi côtoyé des F-16 de l'US Air Force et de la Force Aérienne de la République de Singapour, ainsi que des Alpha Jet A de la société privée Discovery Air Defence Services.

Par ailleurs, étaient aussi engagés un E-3 Sentry AWACS de l'USAF et un E-3F SDCA (Système de Détection et de Commandement Aéroporté) du 36ème Escadron de Détection et Contrôle Aéroportés (EDCA) de la BA 702 d'Avord.

Au sol, les forces armées canadiennes se sont aussi entraînées avec des forces spéciales belges, françaises, allemandes et anglaises.

Les larges espaces canadiens et les vastes champs de tirs permettent de réaliser de nombreuses missions diverses et variées, qui vont de l'alerte avancée, à l'utilisation de munitions air-air et air-sol, en passant par des missions ISR, de transport tactique et d'appui aérien rapproché.

Au cours de cette édition, 1 108 sorties aériennes seront menées, ce qui représente un volume de 1 897 heures de vol. Par ailleurs, pas moins de 76 munitions dites «bonnes de guerre» seront utilisées, tandis que 300 munitions inertes ou simulations de largage auront lieu.

© ARC - Deux F-16C de l'US Air Force au break avant l'atterrissage.

© ARC - Deux F-16C de l'US Air Force au break avant l'atterrissage.

• Qu'est ce que l'exercice «MAPLE FLAG» ?

Globalement, Maple Flag peut être considéré comme un «Red Flag canadien» qui a pour objectif général de «préparer les équipages, ainsi que le personnel de maintenance et de soutien du Canada et des pays participants, à affronter les rigueurs des opérations dans l’espace aérien moderne».

Les sorties aériennes, qui se complexifient dans le temps comme sur l'ensemble des exercices internationaux, se présentent de la sorte : «les participants doivent se frayer un chemin jusque dans une zone de conflit, éliminer les cibles approuvées, et en ressortir pour retourner à leur base d’attache».

Dans un document qui présente l'édition 2016, l'Aviation Royale Canadienne précise que l'exercice comporte «des activités dans les domaines suivants : commandement et contrôle ; opérations air-air et air-sol ; ravitaillement en vol ; renseignement, surveillance et reconnaissance ; transport aérien tactique ; aviation tactique, et appui aérien rapproché».

En plus de ces missions, des cours sur la «guerre électronique tactique» sont également prodigués afin de «préparer les stagiaires à mener efficacement des opérations hautement spécialisées, interarmées et multinationales dans un environnement de guerre électronique contemporain».

Le Canada est un très vaste pays qui comprend, comme les Etats-Unis, des régions où la densité de population est relativement faible.

Cette conjoncture permet aux forces armées de pouvoir s'entraîner dans un environnement qui se rapproche de celui rencontré dans les opérations militaires mais aussi, de s'affranchir de certaines contraintes tel que le bruit, les couloirs aériens civils, les zones à forte densité de population, etc...

L'Alberta, avec ses 661 848 km2, possède le vaste polygone de tir aérien (ou champ de tir) de Cold Lake (CLAWR), où les appareils peuvent délivrer un armement «bon de guerre» en toute sécurité.

Ce vaste ensemble s'étend, d'ouest en est, de la Colombie-Britannique, province située sur la côte ouest du Canada, jusqu'à la province de Manitoba, située dans le centre du pays. Pour ce qui est des limites nord et sud, l'espace aérien comprend les Territoires du Nord-Ouest, territoire fédéral dans le nord du Canada, et s'étend jusque dans le centre de l'Alberta.