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Defens'Aero

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L'Armée de l'Air va réactiver la 62è Escadre de transport avec l'arrivée des C-130J Super Hercules

L'Armée de l'Air va réactiver la 62è Escadre de transport avec l'arrivée des C-130J Super Hercules

Bien que les premiers A400M Atlas sont arrivés dans l'Armée de l'Air française au sein de l'Escadron de Transport 1/61 «Touraine», les appareils d'Airbus Defence & Space sont victimes de problèmes de disponibilité et toutes les demandes du cahier des charges ne sont pas encore en service.

De ce fait, afin de soulager la flotte épuisée des C-130H Hercules et d'anticiper le retrait des C-160R Transall (prévu en 2023), le 29 janvier 2016, la Direction Générale de l'Armement a officiellement passé une commande deux C-130J et KC-130J Super Hercules auprès de l'US Air Force, dans le cadre d’une procédure d’acquisition FMS (Foreign Military Sales).

En Allemagne, c'est pour les mêmes raisons, afin notamment d'éviter un trou capacitaire entre le retrait des Transall de la Luftwaffe prévu en 2020 et la lente montée en puissance des A400M, que le Bundestag a approuvé l'achat de quatre à six C-130J Super Hercules, qui devraient être commandés en 2019 pour une première livraison en 2021.

C'est donc dans ce cadre là que le lundi 10 avril 2016, Jean-Yves Le Drian, ex-Ministre français de la Défense, a rencontré son homologue allemand Ursula von der Leyen afin de signer un accord inter-gouvernemental qui prévoit une mutualisation de la flotte des Super Hercules et des équipements associés.

A la suite de la signature de cet accord, la Ministre allemand a expliqué qu'un escadron franco-allemand composé de six appareils français et autant allemands, soit douze au total, seront stationnés sur la base aérienne 105 d'Evreux.

© USAF - Deux KC-130J Super Hercules du VMGR-252 de l'US Marine Corps lors d'une mission d'entraînement.

© USAF - Deux KC-130J Super Hercules du VMGR-252 de l'US Marine Corps lors d'une mission d'entraînement.

Aujourd'hui, on en sait désormais un peu plus sur les évolutions qui vont intervenir au sein de la flotte d'avions de transport de l'Armée de l'Air française, ainsi que sur les deux bases aériennes, BA 105 d'Evreux et BA 123 d'Orléans, concernées par ces changements.

En effet, selon un récent article publié par l'Armée de l'Air, la 62ème Escadre de transport (ET) va être réactivée le 1er septembre 2017 sur la base aérienne 123 d'Orléans, en parallèle de la création d'un nouvel Escadron de Soutien Technique Aéronautique (ESTA).

Cette escadre, selon l'Armée de l'Air, «réunira les escadrons de transport «Poitou» et «Franche-Comté» dans une organisation modernisée». 

Aux côtés des C-130H Hercules, des C-160 Transall et des CN-235, viendront s'ajouter les Super Hercules récemment commandés par Paris. A ce titre, il est précisé que le premier appareil arrivera sur place à la fin de l'année 2017, tandis que le second C-130J sera livré en 2018.

Enfin, les KC-130J, ceux qui disposent d'une capacité de ravitaillement en vol des hélicoptères et des avions de combat, seront livrés dans le courant de l'année 2019.

«Les services seront différenciés pour ces deux appareils mis en œuvre par l’escadre, car les C130H et les C130J présentent des particularités bien distinctes», explique le général Laurent Marboeuf, commandant la Brigade Aérienne d’Appui et de Projection (BAAP).

© Armée de l'Air - Un C-160 Transall s'approche d'une perche de ravitaillement en vol lors d'une mission en France.

© Armée de l'Air - Un C-160 Transall s'approche d'une perche de ravitaillement en vol lors d'une mission en France.

Plus tard, en 2021, le transport aérien militaire français va encore changer de format puisque «une unité franco-allemande sera créée sur la base aérienne 105 d’Évreux, réunissant des équipages ainsi que du personnel de maintenance et d’environnement impliqués dans la mise en œuvre de huit avions de transport tactique (ATT) C130J : quatre français et quatre allemands», affirme l'Armée de l'Air.

Outre ces avions de transport qui constitueront, à terme, une flotte de douze appareils, cette unité franco-allemande «accueillera également un centre d’entraînement moderne et complet acquis en commun», détaille le général Marboeuf.

La constitution de cette nouvelle unité, qui disposera déjà de solides connaissances grâce aux aviateurs envoyés en échange dans des forces aériennes utilisatrices des Super Hercules, devrait se solder par une pleine capacité opérationnelle «à l’horizon 2024», précise la même source.

Cet escadron, souligne l'Armée de l'Air, sera entièrement binational. En effet, il y aura entre Paris et Berlin un partage des coûts, ainsi qu'une organisation et un soutien technique et logistique franco-allemand.

En outre, les équipages navigants comme le personnel au sol seront issus de l'Armée de l'Air française et de la Luftwaffe, et il s'agira ici «d’un véritable brassage culturel du transport aérien tactique, puisque les équipages et les mécaniciens viendront aussi bien des flottes C130H que des flottes C160 ou Casa».

© Armée de l'Air - La flotte des C-130H Hercules de l'Armée de l'Air va être modernisée.

© Armée de l'Air - La flotte des C-130H Hercules de l'Armée de l'Air va être modernisée.

En parallèle de l'arrivée des C-130J/KC-130J et de la mise sur pieds de cette unité franco-allemande, la France va procéder à la modernisation de sa vieillissante flotte de C-130H Hercules.

Cette modernisation, dont la nature exacte n'a pas été précisée, doit débuter en 2017 et doit permettre de «renforcer l'aptitude [des C-130H, NDLR] aux opérations spéciales».

Avec cette modernisation, l'arrivée des A400M «Atlas» et la constitution de l'escadron binational, l'ensemble de la flotte des C-130H Hercules, C-160 Transall et CN-235 sera transférée dans sa totalité sur la base aérienne 105 d'Evreux «à l'horizon 2025».

L'Armée de l'Air explique que dans le cadre du projet TAM23, à terme, «la base aérienne d’Orléans soit dédiée au segment lourd avec la flotte A400M et que les segments médian (C130H modernisé et C130J) et léger (avec le Casa 235) soient mis en œuvre depuis Évreux».

Cela va forcément impliquer des travaux qui nécessitent de «consolider le ravitaillement et le transit aérien, d'adapter les servitudes aéronautiques, de construire des surfaces couvertes de maintenance supplémentaires ou d'améliorer la piste d’entraînement au poser sur terrains courts».