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Defens'Aero

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Des F-22 Raptor et CF-188 Hornet interceptent des Tu-95 Bear au large de l'Alaska

Des F-22 Raptor et CF-188 Hornet interceptent des Tu-95 Bear au large de l'Alaska

© US DoD - Interception d'un Tu-95 Bear par des F/A-18 Hornet de l'US Navy.

© US DoD - Interception d'un Tu-95 Bear par des F/A-18 Hornet de l'US Navy.

Alors que les interceptions de bombardiers lourds russes à long rayon d'action sont devenues régulières au large de l'Europe du nord et de l'ouest, mais aussi en mer du Japon, l'Alaska reste une zone elle-aussi sous tension.

En effet, en l'espace de quatre jours, des F-22A Raptor de l'US Air Force et des CF-188 Hornet de l'Aviation Royale Canadienne ont procédé à l'interception de plusieurs bombardiers Tu-95 «Bear» de l'Armée de l'Air russe.

Selon le communiqué de presse publié par le NORAD (North American Aerospace Defense Command - Commandement de la Défense Aérospatiale de l’Amérique du Nord), la première interception a eu lieu dans la journée du 17 avril 2017.

Ce jour-là, deux F-22 Raptor du 477th Fighter Group, stationnés sur la Joint-Base Elmendorf-Richardson (sud de l'Alaska), ont décollé afin d'intercepter deux bombardiers Tu-95 «Bear» qui évoluaient à environ 185km de l'île de Kodiak, située dans le sud de l'Etat.

Les deux chasseurs de supériorité aérienne ont été soutenus en vol par un avion de détection et de contrôle aéroporté E-3 AWACS ainsi que par un ou plusieurs avions de ravitaillement en vol KC-135.

L'interception, l'identification et l'escorte pendant une dizaine de minutes des bombardiers russes a eu lieu au sein de ADIZ (Air Defense Identification Zone) matérialisée tout autour de l'Alaska.

Cet espace aérien, qui n'est pas celui des Etats-Unis ou du Canada, a été mis en place par le NORAD afin d'anticiper l'approche par des aéronefs inconnus des côtes de l'Amérique du nord.

Tout appareil qui évolue dans cette zone et qui est considéré comme une menace pour la sécurité nationale des Etats-Unis ou du Canada peut-être abattu par la Quick Reaction Alert (QRA) locale.

Cela permet aux deux pays d'intervenir plus rapidement, d'anticiper les approches et de ne pas réagir au dernier moment, au plus près des frontières nationales.

Bien que les «Bear» ont été détectés par les contrôleurs aériens locaux au sol, l'AWACS a sans doute assuré lui la gestion de l'espace aérien pendant l'interception et l'escorte, notamment avec le guidage des Raptor et la surveillance de la région, qui aurait pu contenir d'autres aéronefs (escorte de chasseurs ou bombardiers supplémentaires).

La seconde interception a eu lieu quelques heures plus tard, dans la nuit du lundi au mardi 18 avril 2017. Cette fois, le NORAD a pris la décision de ne pas faire décoller les Raptor de la QRA d'Elmendorf-Richardson.

Un seul et unique avion de guet aérien E-3 AWACS s'est chargé de surveiller les déplacements des deux Tu-95.

Enfin, la troisième interception a eu lieu le jeudi 20 avril 2017, lorsqu'ici aussi, deux «Bear» se sont rapprochés des côtes nord-américaines.

Dans ce contexte, le NORAD a pris la décision de déclencher la QRA canadienne, armée par deux CF-188 Hornet de l'Aviation Royale Canadienne (ARC), et celle de l'US Air Force, engagée encore une fois depuis Elmendorf-Richardson.

L'interception, menée aux alentours de 19h30 (heure locale), a eu lieu à environ 230km de l'espace aérien du Canada. Selon les propos de la presse canadienne, c'est la première interception d'un aéronef russe dans cette région par des chasseurs de l'ARC depuis décembre 2014.

Par ailleurs, un jour auparavant, le mercredi 19 avril, ce sont deux avions de patrouille maritime et de lutte anti-sous-marine Il-38 «May» qui ont été observés par le NORAD dans le nord de l'océan Atlantique.

© ARC / Archive - Interception d'un Bear russe par des CF-188 Hornet en février 2008.

© ARC / Archive - Interception d'un Bear russe par des CF-188 Hornet en février 2008.

Pour rappel, ces missions à long rayon d'action de l'Armée de l'Air russe, qu'elles soient effectuées par des Tu-160 «Blakcjack» ou par des vénérables et iconiques Tu-95 «Bear», n'ont rien d'exceptionnels. 

Elles sont réalisées par Moscou afin de montrer les capacités stratégiques militaires de ses forces armées, quelque peu décrédibilisées à la suite, entre autres, des mésaventures du Groupe aéronaval russe du porte-aéronefs Amiral Kouznetsov au large de la Syrie et de l'état de certains de ses matériels.

Elles sont aussi mise en place afin de «titiller» les défenses européennes et américaines, et plus largement celles de l'OTAN, dans des moments de fortes tensions après notamment l'annexion de la Crimée ukrainienne par la Russie et de l'intervention militaire russe en Syrie afin de soutenir Bachar El-Assad, soutien de Vladimir Poutine dans la région.

Enfin, et c'est l'une des raisons principales de la venue de ces appareils au large des pays de l'Europe de l'ouest (ou ailleurs), ces vols ont pour objectif d'entraîner les équipages navigants russes aux missions à très longue distance, et de former les plus jeunes aviateurs.

Pratiquées par la Russie en Europe mais aussi en Asie de l'est au large du Japon, ce type de mission est aussi régulièrement effectué à proximité de l'espace aérien russe par des aéronefs de l'US Air Force ou de l'US Navy, notamment dans le cadre de missions d'observation, de reconnaissance et de recueil de renseignement d'origine électromagnétique.