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Defens'Aero

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Le Ministère de la Défense sélectionne le H160 comme l'hélicoptère léger inter-armées

Le Ministère de la Défense sélectionne le H160 comme l'hélicoptère léger inter-armées

© Airbus Helicopters - Le premier prototype du H160, non loin de Marignane.

© Airbus Helicopters - Le premier prototype du H160, non loin de Marignane.

Lors d’une visite dans les installations d’Airbus Helicopters le 03 mars 2017, le Ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a déclaré dans son discours que la France allait utiliser l'hélicoptère H160 d'Airbus Helicopters comme «la base du futur hélicoptère léger inter-armées» (HIL).

Cet appareil aura la lourde tâche de remplacer, dans quelques dizaines d’années, les hélicoptères Gazelle de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre (ALAT), les Fennec de l’Armée de l’Air et de l’ALAT, ainsi que les Alouette III, les Dauphin, et les Panther de la Marine Nationale.

Pour cela, de 160 à 190 exemplaires devraient être commandés auprès de l’hélicoptériste européen, qui sort d’une année 2016 particulièrement difficile, notamment sur le marché du civil.

© Airbus Helicopters - La spécificité de l'extrémité des pâles est ici bien visible.

© Airbus Helicopters - La spécificité de l'extrémité des pâles est ici bien visible.

Dans un récent rapport parlementaire de l’Assemblée Nationale publié par la Commission de la défense nationale et des forces armées, il est expliqué que l’HIL repose sur «un programme d’acquisition d’aéronefs destinés à remplacer six types d’hélicoptères représentant plus de 190 appareils actuellement en service dans les trois armées (…) et dont le retrait de service est programmé entre 2015 et 2035».

La complexité de ce programme réside dans le fait que cet hélicoptère devra «répondre aux exigences opérationnelles de l’ALAT tout en correspondant à une synthèse des besoins des trois armées», et il devra durer «pendant plusieurs décennies» avec, au quotidien, un «soutien qui soit aussi simple que possible, afin que sa disponibilité soit au moins égale à celle des hélicoptères qu’il remplace».

Le remplacement de l’ensemble de ces hélicoptères oblige une forte polyvalence au H160, et ce dernier se doit d’être capable de mener des missions «d’aérocombat, combat aéromaritime, lutte antinavire, action de l’État en mer, surveillance et défense de l’espace aérien national (MASA), recherche et sauvetage (SAR)», ainsi que des missions de transport (passagers et fret).

Outre ces missions, qui sont pour la plupart actuellement effectuées par l’Armée de l’Air et la Marine Nationale, il devra aussi opérer pour «des missions de renseignement, de reconnaissance, d’appui-feu ou d’insertion de forces spéciales» dans le cadre des opérations de l’ALAT.

«Il a été décidé parallèlement d'accélérer la procédure avec une première livraison avancée de quatre ans minimum», a précisé Jean-­Yves Le Drian lors de son discours. 

Alors que les premiers retraits des Gazelle de l’ALAT ont débuté dès 2012, et que l’appareil doit quitter le service actif à compter de 2025, le HIL devrait donc être livré à partir de 2024 afin de prononcer une première capacité opérationnelle aux alentours de 2028.

La sélection et l’entrée en service d’un hélicoptère léger commun aux trois forces armées permet, dans la logique des choses, «la rationalisation de la maintenance aéronautique et, de ce fait, une réduction des coûts d’entretien».

Toutefois, «une difficulté à opérer une synthèse satisfaisante entre les besoins des trois armées [peut] conduire à ce que les flottes ne soient pas parfaitement adaptées aux besoins des forces», averti le rapport parlementaire.

© Airbus Helicopters - Le H160 est destiné au marché civil comme militaire.

© Airbus Helicopters - Le H160 est destiné au marché civil comme militaire.

Le H160, développé par Airbus Helicopters, est un hélicoptère de nouvelle génération qui possède pas moins de 68 brevets, que ce soit dans les matériaux (avec matériaux composites), son aérodynamisme, sa motorisation, etc…

Officiellement dévoilé le 03 mars 2015 lors du salon HAI Heli-Expo, alors connu jusque là sous le nom X4, le H160 est un appareil civil destiné à effectuer des missions de transport entre la terre ferme et les installations pétrolières en mer, des évacuations sanitaires, ainsi que des missions d'assistance au profit des services de secours dans le cadre du service public.

Après avoir effectué son premier vol en juin 2015 et son entrée sur le marché civil, le H160 se place en concurrent direct du KA-60 russe de Kamov, du AW139 italien de Leonardo (ex AgustaWestland), et du S-76 de l'américain Sikorsky.

Selon les données fournies par le constructeur, le H160 dispose de plusieurs technologiques nouvelles afin de mener à bien ces missions du secteur public, mais aussi du secteur militaire (dans quelques années).

Pour cela, il dispose tout d'abord de pâles (cinq) dites «Blue Edge» avec une extrémité déformée, qui permettrait de réduire le bruit de 50% (utile pour les opérations spéciales qui recherchent un effet de surprise) et d'augmenter la capacité d'emport de 100kg. Elles sont fabriquées en à La Courneuve (France).

L'appareil est propulsé par deux moteurs Arrano 1A du français Safran Helicopter Engines. Ils permettraient, malgré un poids de l'hélicoptère d'environ 6 tonnes, de générer un gain de carburant de 15% à 20% par rapport aux autres appareils actuellement sur le marché.

La dérive du H160 est inclinée de 12°, ce qui améliorerait les performances lors d'un vol stationnaire. Par ailleurs, dans la continuité, la queue de l'appareil est équipée de deux ailettes, appelées «biplane stabilizer», qui assureraient alors un meilleur pilotage à basse vitesse.

Le train d'atterrissage et les freins sont entièrement électriques, et non plus hydrauliques comme auparavant. Cela permet de réduire le poids de l'appareil.

Enfin, et plus généralement, le H160 est mis en oeuvre par un équipage de 2 personnes, et peut transporter jusqu'à 12 passagers. Avec une vitesse maximale de 325km/h et une vitesse de croisière établie à 296km/h, son rayon d'action est d'environ 830km.