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Defens'Aero

REPORTAGE - Avec la 11e Brigade Parachutiste pendant l'exercice Colibri 2016

Embarquement des paras dans le Casa de l'Armée de l'Air.

Embarquement des paras dans le Casa de l'Armée de l'Air.

REPORTAGE

Texte et photos (sauf mention contraire) : Mathieu Mounicq.

C'est devenu un rituel pour les unités de la 11e Brigade Parachutiste de l'Armée de Terre : quasiment chaque année depuis 1962 a lieu l'exercice interalliés COLIBRI dans le sud-ouest de la France.

Cet exercice des troupes aéroportées, porté conjointement par l'Allemagne et la France, a pour but de développer l'interopérabilité et de renforcer les connaissances mutuelles des unités participantes.

COLIBRI 2016

Pour cette 48ème édition, COLIBRI a vu la participation de pas moins de 1 000 parachutistes de cinq nationalités différentes entre le 19 et le 29 septembre 2016 :

– les français de la 11e Brigade Parachutiste

– les allemands de la 1re LuftlandeBrigade

– les américains de la 173ème Airborne Division

– les espagnols de la Brigada Paracaidista «Almogávares» VI (BRIPAC)

– et les anglais de la 16e Air Assault Brigade.

L'exercice s'est déroulé en deux grandes phases sur l'ensemble du sud-ouest, entre Castres, Pamiers, Pau et Caylus. Ainsi, la première semaine a vu les participants effectuer de l'instruction et des échanges de brevets parachutistes. A ce titre, lors d'une cérémonie de remise, 49 parachutistes allemands ont reçu le brevet français, tandis que 72 français ont été brevetés avec celui des allemands.

Les parachutistes américains ont ainsi sauté au-dessus du Camp de Ger (65) avec les parachutes de leurs homologues du 35e Régiment d'Artillerie Parachutiste (RAP) de Tarbes, et vice versa. Signe des temps, les sauts se faisaient à partir d'un C-130J Super Hercules de l'US Air Force, appareil qui équipera prochainement l'Armée de l'Air française, et sans doute aussi la Luftwaffe.

A partir de la deuxième semaine, l'exercice est ensuite entré dans sa phase tactique avec le déploiement sur l'aéroport de Castres-Mazamet (81) d'une base d'opérations aéroportées (BOAP), le 22 septembre.

A partir du 25 septembre, les manœuvres ont alors débuté sur le terrain de Caylus, opportunément désigné pour l'occasion comme l'aéroport de la capitale de la République Equatoriale Garonnaise, en proie à une guerre civile, et objectif des parachutistes pour cet exercice.

Opération aéroportée sur Caylus

Le 25 septembre, il est à peine 07h00 du matin lorsque deux Gazelle SA-342M du 5ème Régiment d'Hélicoptères de Combat (5è RHC) de Pau mettent en route sur la BOAP de Castres. Les deux Gazelle partent effectuer une reconnaissance sur la zone de saut grâce à leur système Viviane.

Mise en route au lever du soleil des deux Gazelle. Elles vont aller reconnaître la zone de saut.

Mise en route au lever du soleil des deux Gazelle. Elles vont aller reconnaître la zone de saut.

Pendant ce temps sur la zone d'embarquement des troupes aéroportées, les premiers parachutistes vérifient déjà leur matériel avant d'embarquer dans le C-160 Transall et le Casa CN-235 parqués à proximité.

La première vague de parachutistes est prête à embarquer.

La première vague de parachutistes est prête à embarquer.

Avant l'embarquement et les sauts, les largueurs du 1er Régiment du Train Parachutiste (RTP), qui seront en charge des parachutages dans les avions, vérifient l'équipement de tous les parachutistes.

Vérification de l'équipement pour ce parachutiste du 35e RAP.

Vérification de l'équipement pour ce parachutiste du 35e RAP.

Quelques heures auparavant, des commandos du Groupement des Commandos Parachutistes (GCP) ont été largués sur zone, de nuit, avec un largage à 3 000 mètres d'altitude suivi d'une dérive de voile qui les a amenés à se poser à plusieurs kilomètres du terrain d'aviation, afin de s'entraîner à poursuivre l'infiltration à pied.

Une fois que ces chuteurs opérationnels ont confirmé que les conditions météo et opérationnelles permettent le début des sauts, le top est donné aux parachutistes. Une soixantaine de paras embarquent dans le Transall alors que 28 hommes grimpent dans le Casa.

Transall et Casa partent en mission conjointement.

Transall et Casa partent en mission conjointement.

08h00 (heure locale) : Les deux avions décollent pour la première mission de la journée. Il était prévu qu'un C-130H de l'Armée de l'Air participe à la mission mais il est en panne sur la BA 123 d'Orléans. De ce fait, les avions effectueront en conséquence plus de rotations sur la journée.

Départ du Transall pour le premier largage de la journée le 25 septembre.

Départ du Transall pour le premier largage de la journée le 25 septembre.

En parallèle du départ des avions, les deux SA-330 Puma mettent en route. Ils vont acheminer sur zone un complément d'hommes et de matériel.

Les Puma décollent dans la lumière du matin. On croirait presque être en Afrique !

Les Puma décollent dans la lumière du matin. On croirait presque être en Afrique !

A 09h00, les avions de transport reviennent. Après un atterrissage au break, les deux appareils se dirigent vers le parking et embarquent leurs parachutistes moteurs tournants. Les largueurs du 1er RTP vérifient une nouvelle fois les parachutes de tous les soldats qui embarquent.

Vérification visuelle et au toucher pour l'équipement des parachutistes lors de l'embarquement.

Vérification visuelle et au toucher pour l'équipement des parachutistes lors de l'embarquement.

Le deuxième vol du Transall verra un important contingent allemand sauter en deux passages avec lors d'un troisième passage, le saut de deux sliks (une file de chaque côté de l'avion) de parachutistes français du 35è Régiment d'Artillerie Parachutiste (RAP).

Le transit entre Castres et Caylus dure une vingtaine de minutes. Les parachutistes sont assis sur quatre banquettes en toile courant sur toute la longueur de l'avion.

Dans l'avion lors du transit vers Caylus.

Dans l'avion lors du transit vers Caylus.

Lorsque le chef-largueur reçoit le signal des pilotes, les largueurs du 1er RTP ouvrent les deux portes latérales de l'avion et vérifient la zone de saut. Une fois que tout est vérifié, les largueurs allemands se positionnent près des portes.

A leur commandement, les parachutistes se lèvent et arriment leur mousqueton à la ligne avion : en sautant, cela déclenchera l'ouverture de leur parachute. Les largueurs passent parmi les parachutistes et vérifient leur équipement une ultime fois.

Les parachutistes sont accrochés : le saut est imminent.

Les parachutistes sont accrochés : le saut est imminent.

Le Transall débute son approche à 400m d'altitude et à 160 km/h pour le premier largage : lorsque le signal de saut retentit les parachutistes disparaissent par la porte de chaque côté de l'avion en quelques minutes au son des cris des largueurs qui cadencent les sauts.

Les parachutistes de la 1e LB effectuent les premiers sauts.

Les parachutistes de la 1e LB effectuent les premiers sauts.

Une deuxième fois le Transall revient en position. A l'issue des sauts allemands les largueurs français se repositionnent aux portes et remontent les sangles d'ouverture des parachutes qui sont restées contre le fuselage de l'avion.

Un largueur du 1er RTP vérifie les sangles avant qu'elles ne soient remontées.

Un largueur du 1er RTP vérifie les sangles avant qu'elles ne soient remontées.

C'est finalement le moment du 3ème passage, les soldats français se lèvent et s'arriment à leur slick. Les largueurs vérifient leur équipement.

Dernier passage pour le largage des paras du 35e RAP. On aperçoit les largueurs du 1er RTP (avec les casques oranges) en train de vérifier leur équipement.

Dernier passage pour le largage des paras du 35e RAP. On aperçoit les largueurs du 1er RTP (avec les casques oranges) en train de vérifier leur équipement.

En attente de l'ordre de saut par le chef-largueur.

En attente de l'ordre de saut par le chef-largueur.

« Go ! Go ! Go ! », aux ordres des largueurs les derniers parachutistes se jettent dans l'éther en succession rapide.

C'est parti pour les sauts des parachutistes du 35e RAP.

C'est parti pour les sauts des parachutistes du 35e RAP.

La dernière vingtaine de paras ayant quitté l'avion, le Transall remet le cap sur Castres, accompagné par le Casa. Un autre largage doit encore avoir lieu avec le 8e RPIMA avant de filer sur Pamiers pour embarquer des soldats du 1er RCP afin de les faire sauter à leur tour.

Arrivée au break du Transall et du Casa à Castres après les largages - Photo © Loïc Lauze.

Arrivée au break du Transall et du Casa à Castres après les largages - Photo © Loïc Lauze.

L'exercice COLIBRI 2016 a permis à l'ensemble des régiments de la 11e Brigade Parachutiste de s'entraîner en conditions opérationnelles avec les partenaires étrangers, qu'ils rencontrent régulièrement dans d'autres exercices, mais aussi parfois sur les théâtres d'opérations.

Au-delà des parachutages, le 1er Régiment du Train Parachutiste s'est lui exercé pendant cinq jours à son autre mission principale : la livraison par air. Cette mission sera à découvrir dès demain sur Defens'Aero dans la seconde partie de ce reportage.

En attendant la pleine entrée en service opérationnel de l'A400M dans les forces, le C-160 reste le fer de lance des missions de parachutages - Photo © Loïc Lauze.

En attendant la pleine entrée en service opérationnel de l'A400M dans les forces, le C-160 reste le fer de lance des missions de parachutages - Photo © Loïc Lauze.

Remerciements : nous souhaitons vivement remercier la Capitaine Lattès, officier communication de la 11e Brigade Parachutiste de l'Armée de Terre, pour avoir rendu ce reportage possible. Nous remercions également le Caporal-chef Daoust du 8e RPIMA pour son accueil lors de notre visite de la BOAP de Castres.

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