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Defens'Aero

Exercice VOLFA 16-02 : les forces aériennes s'entrainent à entrer en premier

Malgré une activité opérationnelle intense, l'Armée de l'Air a engagé de nombreux aéronefs pour VOLFA.

Malgré une activité opérationnelle intense, l'Armée de l'Air a engagé de nombreux aéronefs pour VOLFA.

REPORTAGE - Texte et photos (sauf mention contraire) : Mathieu Mounicq.

Du 5 au 14 octobre a eu lieu la seconde édition pour 2016 de l'exercice « Vol des Forces Aériennes» ou Volfa. Exercice annuel majeur des forces aériennes (avec Serpentex), cet entrainement permet à l'ensemble des composantes de l'Armée de l'Air (chasse, drone, transport, défenses anti-aériennes) de simuler un conflit «symétrique» avec un pays ennemi.

Defens'Aero a eu l'opportunité de réaliser un reportage sur la base aérienne 118 de Mont-de-Marsan, dans les Landes, qui accueillait la majorité des participants.

Objectif :

La France fait partie du cercle fermé de nations capables «d'entrer en premier» dans un conflit comme elle l'a démontrée à l'occasion de l'opération Harmattan en Libye, en 2011, ou plus récemment, bien que de façon plus mesurée, durant Serval au Mali, en 2013.

Elaboré par une douzaine de membres du commandement des forces aériennes pendant environ six mois, Volfa 16-02 visait justement à maintenir cette capacité d'«entrer en premier» dans le cadre d'une situation opérationnelle dense, et animée par l'esprit «train as you fight».

Scénario :

Un pays, «Red Land» localisé au niveau du Massif Central, est plongé dans le chaos par une guerre civile qui voit les forces armées commettre des exactions sur des populations civiles. Face à cette situation, trois des pays voisins (Green, Yellow et Black) se regroupent dans une coalition bleue, appelée «Blue Forces», afin d'intervenir pour re-stabiliser le pays. Cependant, «Orange Land», un des pays amis de «Red Land», prévient la coalition bleue qu'en cas d'intervention, ses forces armées interviendront.

Forces en présence :

La Blue Forces, dont l'ensemble est déployé sur la BA 118, est composée de six Rafale B/C de l'EC 1/4 «Gascogne», du RC 2/30 «Normandie-Niémen», et de l'EC 3/30 «Lorraine», de trois Mirage 2000D de la 3ème Escadre de Chasse de Nancy-Ochey, et enfin, de trois Mirage 2000N de l'EC 2/4 «La Fayette».

Lancement de l'aviation de chasse bleue lors d'une COMAO à la nuit tombante

Lancement de l'aviation de chasse bleue lors d'une COMAO à la nuit tombante

Du côté des avions de transport, eux-aussi installés aux côtés des avions de combat, l'Armée de l'Air a engagé un Casa CN-235 de l'ET 1/62 «Vercors», un Transall C-160R de l'ET 1/64 «Béarn», et un C-130H Hercules de l'ET 2/61«Franche-Comté». Enfin, l'European Air Transport Command a engagé un C-130 Hercules de la Composante Air belge. 

Départ d'un Hercule dans le cadre d'une mission de largage pour Volfa

Départ d'un Hercule dans le cadre d'une mission de largage pour Volfa

Toujours dans les airs, la Blue Forces a mis en oeuvre un drone Harfang de l'ED 1/33, opérant depuis la BA 709 de Cognac, un E-3F Sentry AWACS de l'EDCA 00.036, opérant depuis la BA702 d'Avord, ainsi qu'un avion de ravitaillement en vol C-135FR du GRV 1/91 «Bretagne», qui décollait de sa base-mère d'Istres-Le Tubé (BA 125).

Enfin, au sol, les Blue Forces pouvaient aussi compter sur le soutien et la présence de défenses anti-aériennes (déployées à la frontière de Red Land en territoire ami), d'une section Mamba et de deux Crotale de l'EDSA 01/950.

Du côté de Red et Oranges Forces, les moyens présents sont eux-aussi conséquents avec dix Su-30, huit Su-27 Flanker, dix Mig-29 Fulcrum, vingt Mig-21 Fishbed, ainsi que dix Su-25 Frogfoot.

Pour simuler les moyens Red et Orange, l'Armée de l'Air mettait en œuvre deux Mirage 2000-5F du GC 1/2 «Cigognes», depuis la BA 116 de Luxeuil et simulant les Su-30 avec capacité de tir Fox 3, ainsi que deux Mirage 2000C de l'EC 2/5 «Ile de France» de la BA 115 d'Orange, simulant les Su-27 et les Mig-29 avec capacité de tir Fox 1.

A la différence de Volfa 16-01, les 2000-5F intervenaient depuis leur base de Luxeuil.

A la différence de Volfa 16-01, les 2000-5F intervenaient depuis leur base de Luxeuil.

Enfin, il y a également des Alphajet de l'EE 3/8 «Côte d'Or», opérant pendant l'exercice depuis la BA 118 de Mont-de-Marsan et simulant à la fois les Mig-21 avec une capacité de tir Fox 2 et les Su-25, spécialisés dans l'attaque au sol.

Les Alphajets du "Côte d'Or" jouaient à la fois le rôle de vieux chasseurs Mig-21 et de Su-25 d'attaque au sol venant menacer les batteries sol-air Blue lors de raids à très basse altitude

Les Alphajets du "Côte d'Or" jouaient à la fois le rôle de vieux chasseurs Mig-21 et de Su-25 d'attaque au sol venant menacer les batteries sol-air Blue lors de raids à très basse altitude

Dans les airs, un avion de détection et de contrôle aéroporté A-50 Mainstay était simulé par un AWACS de l'EDCA 00.036.

Au sol, les forces ennemies déployaient deux lanceurs mobiles SA-8 Gecko, des missiles sol-air portables SA-7 Grail, et des systèmes de brouillages des communications radio grâce au Polygone de Guerre Electronique simulant les brouillages radio avec le système SCRIBE.

Fox 1 / 2 /3 : Les types de missiles sont caractérisés par l'indicatif «Fox» suivi d'un chiffre.

• Fox 3 : missile à guidage radar actif. Il s'agit d'un missile à longue portée qui dispose de son propre système de guidage et qui permet à l'avion tireur de rompre l'engagement après le tir. On parle de missile de type «tir et oublie».

• Fox 2 : missile à guidage infrarouge. Il s'agit d'un missile à courte ou moyenne portée.

• Fox 1 : missile à guidage radar semi-actif. Il s'agit d'un missile à moyenne portée qui nécessite que l'avion tireur maintienne le guidage radar sur la cible. Cela présente l'inconvénient d'exposer l'avion tireur plus longtemps.

 

Zone d'entraînement :

Pour jouer ce scénario, les participants de l'exercice disposaient des zones d'entraînement de l'Armée de l'Air TSA 43A et B ainsi que de deux ZRT situées au-dessus du Massif Central et simulant la superficie du pays Red Land :

Exercice VOLFA 16-02 : les forces aériennes s'entrainent à entrer en premier

Déroulement d'une mission type VOLFA :

Après avoir préparé la phase live de l'exercice du 5 au 7 octobre, 200 personnes se sont déployées sur le terrain entre le 11 et le 14 octobre pour prendre part à treize raids aériens combinant l'aviation de chasse et de transport, avec l'appui des moyens de reconnaissance et de défenses aériennes.

Préalablement à chaque mission, un «mass brief» avec l'ensemble des participants avait eu lieu sur la BA 118. Les unités qui participaient depuis d'autres bases ont elles-aussi pu assister à ce «mass brief» en visio-conférence.

Introduction du mass breif du 12 octobre par le "Direx", le Lieutenant-colonel Labeur. L'accent est particulièrement mis sur la sécurité des vols

Introduction du mass breif du 12 octobre par le "Direx", le Lieutenant-colonel Labeur. L'accent est particulièrement mis sur la sécurité des vols

Une fois le briefing commun réalisé, les différentes forces avaient un briefing précis par le mission commander et l'officier renseignement :

L'officier Rens du Gascogne présente la situation tactique au-dessus du Red Land après 2 jours d'opérations aériennes par les Blue Forces

L'officier Rens du Gascogne présente la situation tactique au-dessus du Red Land après 2 jours d'opérations aériennes par les Blue Forces

Chaque jour, deux grosses vagues d'appareils prenaient les airs, de jour comme de nuit, avec une répartition des tâches entre les différents avions :

Les Rafale étant chargés de mission de supériorité aérienne afin d'ouvrir la voie aux avions de bombardement et aux transports, tout en protégeant les unités de défenses aériennes Blue déployées à proximité de Red Land et pouvant faire l'objet de raids aériens Red.

Réactivé à Mont-de-Marsan au mois de septembre, l'Escadron de Chasse 3/30 "Lorraine" participait à Volfa en tant qu'escadron de défense aérienne - Photo : © Paul Basque.

Réactivé à Mont-de-Marsan au mois de septembre, l'Escadron de Chasse 3/30 "Lorraine" participait à Volfa en tant qu'escadron de défense aérienne - Photo : © Paul Basque.

Les Mirage 2000D et 2000N, qui seront retirés du service actif dans quelques mois, étant chargés de missions de Close Air Support (appui aérien rapproché) et d'Air Interdiction (frappes sur des objectifs fixes pré-définis).

L'ensemble de ces missions sont réalisées en MFFO (Mixed Forces Fighting Operation), où les Mirage 2000D évoluent aux côtés des 2000N. Ce type de mission a déjà été réalisé en Libye, en 2011, et plus récemment au-dessus de la Syrie et de l'Irak dans le cadre de l'opération Chammal.

Lors de ces missions, le 2000D, porteur de la nacelle de désignation laser, illumine les cibles pour ses propres bombes guidées laser, et au profit de son aillé le 2000N, porteur de deux ou quatre GBU.

Illustration, au sol, de ce qu'est une MFFO, largement utilisée en 2011 et ces derniers mois au Levant.

Illustration, au sol, de ce qu'est une MFFO, largement utilisée en 2011 et ces derniers mois au Levant.

Un des 2000N de l'EC 2/4 Lafayette au décollage pour la mission nocturne du 12 octobre.

Un des 2000N de l'EC 2/4 Lafayette au décollage pour la mission nocturne du 12 octobre.

Enfin, les transports étant chargés d'effectuer des largages de commandos en territoires ennemi.

Décollage du Casa dans le cadre d'une mission nocturne.

Décollage du Casa dans le cadre d'une mission nocturne.

Durant la mission, les appareils des Blue Forces se mettent en place au nord de la zone d'exercice et simulent l'entrée en territoire Red par trois portes préalablement définies avec les batteries sol-air amies afin d'éviter des tirs fratricides.

Depuis le Centre Tactique de Mont-de-Marsan, l'Airboss suit la progression des avions ainsi que les tirs fictifs qui ont lieu. Il contacte également par radio les différents appareils pour leur signaler qu'ils sont «morts» et qu'ils doivent quitter la zone d'exercice.

Les appareils jouant les avions Red étant moins nombreux, ils peuvent «réapparaitre» régulièrement sur le commandement de l'Airboss pour simuler le décollage de nouveaux appareils cherchant à intercepter les avions des Blue Forces.

L'Airwarfare Center peut également créer, via la liaison de données L16, des menaces virtuelles en faisant apparaître, par exemple, des Su-30 que viendront engager les Rafale alors qu'ils sont déjà engagés sur un autre secteur par les Mirage 2000C (RDI) et 2000-5F (RDY).

Ambiance nocturne à la BA 118 : Le Normandie-Niemen est l'escadron référent en matière d'attaque au sol et pour les opérations avec les forces spéciales.

Ambiance nocturne à la BA 118 : Le Normandie-Niemen est l'escadron référent en matière d'attaque au sol et pour les opérations avec les forces spéciales.

En plus de la menace aérienne, les strikers doivent également prendre en compte les lanceurs mobiles SA-8 qui peuvent les engager jusqu'à 20 000 pieds (6 000m environ).

Les Mirage 2000D et N doivent donc remplir leur mission en essayant de localiser et d'éviter ces lanceurs. Les Rafale qui réalisent les missions de supériorité aérienne peuvent appuyer leurs collègues en essayant, via le système SPECTRA, de détecter les émissions radars des systèmes SA-8 afin de les localiser.

Lorsque les frappes et les parachutages ont été réalisés, les avions se retirent par les mêmes portes qu'à l'aller et rentrent sur Mont-de-Marsan.

Retour à la base pour les appareils engagés sur la mission de 14h

Retour à la base pour les appareils engagés sur la mission de 14h

Les avantages d'avoir regroupé l'ensemble des appareils sur la base de Mont-de-Marsan pour Volfa sont multiples. Tout d'abord, la base est située à proximité de larges zones d'entrainement sur l'océan et le Massif Central, et le sud-ouest est un secteur où l'espace aérien est peu encombré ce qui facilite l'organisation de missions de type COMAO.

En outre, cela permettait aux équipages participants de pouvoir breifer et débreifer en direct les différentes missions auxquels ils participaient tout en disposant de l'Air Warfare Center pour pouvoir analyser en détail les missions.

Le lieutenant-colonel Yann Mallard, commandant de la 30ème Escadre de Chasse, décrit l'exercice comme suit : «Les forces présentes à cet exercice sont celles qui ont été déployées hier en opérations extérieures et le seront demain. L'entraînement que nous menons nous est très profitable : les missions évoluent sous une menace de très haute intensité. Il s'agit vraiment de combat».

Une nouvelle édition de VOLFA aura lieu en janvier 2017 et elle devrait voir la participation de F-16A/B MLU de la Force Aérienne Royale Danoise qui devraient être employés aux côtés des Red Forces. 

Plus habitué aux paysages désertiques et aux fortes chaleurs, depuis septembre, le Lorraine se réhabitue au paysage Landais.

Plus habitué aux paysages désertiques et aux fortes chaleurs, depuis septembre, le Lorraine se réhabitue au paysage Landais.

Remerciements : Nous souhaitons vivement remercier le Sirpa Air pour avoir permis ce reportage, la Capitaine Jeune et la Lieutenant Ingand du CFA, ainsi que le personnel de la cellule communication de la BA 118 pour nous avoir si bien accueilli durant cet exercice.

Les 2000N effectuent ici leurs dernières missions avant leur retrait définitif en 2018 - © Paul Basque.

Les 2000N effectuent ici leurs dernières missions avant leur retrait définitif en 2018 - © Paul Basque.

Les équipages du Gascogne sont référents dans l'accomplissement de raids nucléaires et à longue portée, mais assurent aussi de nombreuses missions conventionnelles, comme au Sahel - © Paul Basque.

Les équipages du Gascogne sont référents dans l'accomplissement de raids nucléaires et à longue portée, mais assurent aussi de nombreuses missions conventionnelles, comme au Sahel - © Paul Basque.

Ambiance de travail pour cet équipage, au retour d'une mission de plusieurs heures - © Paul Basque.

Ambiance de travail pour cet équipage, au retour d'une mission de plusieurs heures - © Paul Basque.

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Fred 26/10/2016 22:27

Bonjour,
L'EDCA n'a pas pour numéro 1/36, mais 00.036

Bonne soirée

Defens'Aero 27/10/2016 13:49

Bonjour,
Correction apportée ! Merci.

Loïc

gqferf 25/10/2016 09:37

je suis coquer pas le manque de moyen engager seul quellque avion sont loin de represanter notre force aerienne