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Defens'Aero

Syrie : Des F-22A Raptor obligent des Su-24M4 Fencer syriens à cesser leurs frappes aériennes

© USAF - Un F-22A Raptor en mission au-dessus du désert du Moyen-Orient.
© USAF - Un F-22A Raptor en mission au-dessus du désert du Moyen-Orient.

Parmi les groupes armés qui se battent actuellement sur le sol syrien et irakien, certains sont soutenus, dont notamment les Kurdes, par la coalition internationale de l'opération Inherent Resolve, tandis que ces mêmes groupes sont aussi attaqués par d'autres pays de la région, comme la Turquie ou la Syrie, soutenues militairement par la Russie.

Les choix géopolitiques et géostratégiques des grandes puissances entraînent, sur le champ de batailles, une forte complexité des rapports forces, mais aussi, des tensions entre l'ensemble des acteurs engagés sur place. C'est notamment ce qui s'est produit, à deux reprises, ce 18 et 19 août 2016.

En effet, le jeudi 18, à proximité de la ville d'Hassaké, située dans le nord-est de la Syrie, des avions d'attaque au sol de la Force Aérienne Arabe Syrienne ont frappé à plusieurs reprises des positions tenues par les Hassayech, des «forces de police liées au Parti de l’union démocratique kurde (PYD)», explique le site spécialisé Zone Militaire, engagés dans des combats contre des éléments des «Forces de défense nationale (FDN)», soutenues par le régime syrien de Bachar El-Assad.

Bien qu'il s'agisse ici d'une mission d'attaque au sol comme il y en a tous les jours dans le cadre de la récupération du territoire syrien perdu par le régime, les Etats-Unis se sont retrouvés directement impliqués dans ces frappes en raison de la présence de forces spéciales de l'US Special Operations Command (USSOCOM).

En effet, les forces Kurdes, qui combattent aussi l'organisation Etat Islamique, sont équipées, soutenues, et entraînées militairement par les forces de la coalition internationale, dont les Etats-Unis. La présence au sol de ces forces spéciales a obligé Washington à envoyer un message d'avertissement au gouvernement à Damas, mais aussi, et surtout, de mobiliser des avions de combat.

© Inconnu - Su-24M4 de la Force Aérienne Arabe Syrienne.

© Inconnu - Su-24M4 de la Force Aérienne Arabe Syrienne.

Selon le média américain ABC, l'United States Central Command (CENTCOM) a dépêché sur place des chasseurs américains de la coalition afin de tenter d'intercepter les appareils syriens, et de faire valoir leur présence dans la région. Toutefois, lors de ces premiers bombardements, les Su-24M4 «Fencer» avaient déjà quitté la zone avant l'arrivée des appareils occidentaux.

Le déploiement de ces appareils s'est fait à la suite de la «non-réponse» des pilotes de chasse syriens aux appels émis par les forces Kurdes au sol, que ce soit sur une fréquence d'urgence, ainsi que ceux envoyés par le CENTCOM sur la fréquence spéciale établie entre les forces aériennes russes et celles de la coalition.

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Le lendemain de cette altercation, d'autres «Fencer», appartenants à la Force Aérienne Arabe Syrienne, sont revenus dans la même zone afin de réaliser une nouvelle mission de bombardement.

Selon les dires d'un responsable américain, cité par ABC, les Su-24M4 «ont tenté de traverser la zone [près de Hasakah], et ont été approchés par des avions de combat de la coalition». L'article continue de relater les faits en expliquant que «la présence de F-22 'a encouragé les avions syriens à quitter l'espace aérien sans autre incident. Aucune arme n'a été tirée par les combattants de la coalition'».

La présence et l'interception réussie, contrairement à la première fois, de ces deux Su-24M4 par les F-22A semble indiquer la présence dans le secteur des chasseurs de supériorité aérienne de l'US Air Force, afin de parer à toute éventualité à la suite des frappes du 18 août.

Ce n'est pas la première fois que des avions de combat américains tentent d'empêcher des frappes aériennes contre des groupes rebelles soutenus par Washington. Il y a deux mois maintenant, le 16 juin 2016, des Su-34 «Fullback» avaient frappé un camp d'entraînement dans le sud de la Syrie, dans la localité de Tanf.

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