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Defens'Aero

Des SU-34 et des TU-22M3 réalisent des frappes en Syrie depuis l'Iran

© MINDEF Russe - Largage de bombes air-sol par un Tu-22M3 Backfire C au-dessus de la Syrie.
© MINDEF Russe - Largage de bombes air-sol par un Tu-22M3 Backfire C au-dessus de la Syrie.

Depuis maintenant ses premières frappes aériennes en Syrie, en septembre 2015, la Russie participe aux opérations militaires contre l'organisation Etat Islamique (OEI) ainsi que contre les autres groupes jihadistes de la région, opposés au dictateur Bachar El-Assad.

Outre les opérations terrestres, avec des forces spéciales et conventionnelles, l'Armée de l'Air russe est aussi engagée dans cette campagne depuis la base aérienne de Hmeimim (Lattaquié), où elle déploie des forces terrestres ainsi que des moyens aériens avec des avions de combat (Su-30 «Flanker-C», Su-35 «Flanker-E», Su-24 «Fencer», Su-25 «Frogfoot») et des hélicoptères d'attaque au sol et de transport (Mi-24 «Hind», Mi-17AMTSh «Hip», et Mi-28N «Havoc N»).

Malgré l'ensemble de ce dispositif, la Russie continue de s'implanter durablement dans la région en se rapprochant militairement de pays régionaux, comme avec l'Iran. Et c'est donc dans ce cadre là, le 16 août 2016, que des bombardiers stratégiques Tu-22M3 «Backfire C» et des bombardiers tactiques Su-34 «Fullback» ont frappé des objectifs de l'OEI depuis la base aérienne iranienne de Hamadan, appartenant à la Force Aérienne de la République Islamique d'Iran.

Le communiqué de presse officiel publié par le Ministère de la Défense de la Fédération de Russie précise que les appareils, «à plein charge en bombes, ont porté un coup aérien en groupe contre les objets des groupements terroristes de l’EI et de Jabhat an-Nusra [Front Al-Nosra, ndlr] dans les provinces d’Alep, Deir ez-Zor et Idlib».

Toujours d'après les déclarations officielles, les résultats de ces premiers raids aériens depuis le sol iranien ont permis de détruire «5 grands dépôts avec armement, munitions, carburants et lubrifiants, les camps d’entraînement des terroristes dans les régions des cités Serakab, El-Bab, Alep et Deir ez-Zor, 3 postes de commandement des terroristes près des villes Jafra et Deir ez-Zor, ainsi que beaucoup de combattants».

Ces bombardiers, qui ont frappé avec leurs habituels tapis de bombes non guidées (exit les frappes guidés laser/GPS), ont été escortés par des chasseurs de supériorité aérienne Su-30SM «Flanker-C» ainsi que par des Su-35S «Flanker-E».

Ces appareils ont, eux, décollé de la base aérienne de Hmeimim, afin d'escorter les bombardiers durant l'ensemble de leur mission, notamment lors de la traversée du nord de l'Irak, dont l'espace aérien est contrôlé par la coalition internationale Inherent Resolve.

Après ce premier raid le 16 août, d'autres ont suivi les jours suivants, et toujours depuis la base aérienne iranienne. Le lendemain, «2 postes de commandement et grands camps d’entraînement des terroristes de l’EI près de la ville Deir ez-Zor et plus de 150 combattants, parmi lesquels se sont trouvés les mercenaires étrangers, ont été éliminés». Une affirmation qui est difficile à vérifier, sauf si des constatations ont été réalisées directement depuis le sol après les frappes.

Le déploiement de ces forces russes en Iran permet aux pilotes de raccourcir considérablement la distance entre la base de départ et la zone des opérations. Les Tu-22M3, qui sont des bombardiers stratégiques, avaient pour habitude de décoller de bases aériennes dans le sud de la Russie, de frapper en Syrie, puis de retourner sur leur base de départ. Cela impliquait des vols de plusieurs heures et de plusieurs milliers de kilomètres.

Bien que trop gros pour pouvoir opérer depuis la base russe en territoire syrien, avec Hamadan, le trajet ne se compte plus qu'en centaines de kilomètres. En outre, depuis 1979, c'est la première fois que le gouvernement iranien autorise une nation étrangère à opérer militairement depuis son sol.

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