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Defens'Aero

Trois militaires français du Service Action de la DGSE meurent en Libye

© Armée de l'Air - Forces Spéciales françaises en Centrafrique.
© Armée de l'Air - Forces Spéciales françaises en Centrafrique.

Dans un communiqué de presse publié le mercredi 20 juillet 2016, le Ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian a déploré «la perte de trois sous-officiers français décédés en service commandé en Libye», confirmant alors les informations de l'agence de presse Associated Press (AP).

En effet, la veille, dans un article, l'agence affirmait qu'un hélicoptère du général libyen Khalifa Haftar avait été abattu, le dimanche 17 juillet 2016, par un missile sol-air SA-7 «Grail» (code OTAN), tiré par la milice islamiste «Brigade de défense de Benghazi», et dans lequel se trouvait des militaires libyens, deux soldats français des Forces Spéciales, ainsi qu'un soldat jordanien.

L'appareil, un hélicoptère de transport Mi-17 «Hip» ou d'attaque au sol Mi-35 «Hind», s'est écrasé au-dessus de la localité d'al-Makroun, à environ soixante-dix kilomètres de Benghazi, après avoir décollé de la base aérienne de Benina, située à environ vingt kilomètres à l'est de la ville côtière.

Dans le succinct communiqué de presse, le Ministère de la Défense se garde de donner des détails sur les circonstances de l'accident, mais Jean-Yves Le Drian «salue le courage et le dévouement de ces militaires engagés au service de la France qui accomplissent, tous les jours, des missions dangereuses contre le terrorisme».

En outre, il a aussi adressé «à leurs familles et à tous leurs proches l’expression de ses condoléances, de sa tristesse et de tout son soutien».

De son côté, en déplacement en Dordogne au centre national d'entraînement de la Gendarmerie, le Président de la République François Hollande a expliqué que «trois de nos soldats [...] viennent de perdre la vie dans le cadre d'un accident d'hélicoptère», ce qui contredit les faits rapportés par AP.

Le Chef des Armées a aussi ajouté que «la Libye connaît également une instabilité dangereuse. C’est à quelques centaines de kilomètres seulement des côtes européennes. Et en ce moment-même, nous menons des opérations périlleuses de renseignement».

Enfin, dans la matinée du 20 juillet, c'est le porte-paroles du gouvernement français, Stéphane Le Foll, qui avait reconnu sur les ondes de la radio France Info, que «oui, les forces spéciales sont là [en Libye, NDLR]. Bien sûr pour aider et puis faire en sorte que la France soit présente partout pour lutter contre les terroristes».

• Trois hommes du Service Action de la DGSE :

Les trois militaires morts dans le crash de l'hélicoptère libyen appartiennent, selon les informations de Jean-Dominique Merchet, du blog Secret Défense, au Service Action de la DGSE.

Officiellement, le dernier décès d'un membre du Service Action remonte en 2013, le 11 janvier, lorsque la DGSE a tenté de libérer Denis Alex, retenu comme otage en Somalie. Lors de l'opération, deux militaires français ont été tués, ainsi que l'otage, qui a été exécuté.

Contrairement aux Forces Spéciales françaises, qui mènent des opérations discrètes, au nom de l'Etat français donc, le Service Action réalise des opérations clandestines, et ne revendique pas ses opérations.

Sur place, les militaires français du COS et de la DGSE ont pour mission, aux côtés de forces spéciales occidentales (Etats-Unis et Royaume-Uni) et arabes (Egypte, Emirats arabes unis, Jordanie) de former, d'entraîner et de soutenir sur le champ de bataille les militaires libyens du général Haftar qui tentent de contrer l'avancée de certaines milices jihadistes et des combattants de l'organisation Etat Islamique, implantée dans la ville de Syrte.

• Au sol, mais aussi depuis les airs et la mer :

Les missions par les forces armées françaises en Libye ne sont pas conduites uniquement depuis le sol. En effet, l'Armée de l'Air française (et la Chasse Embarqué de la Marine Nationale lors de son passage aux larges des côtes libyennes) participe aussi à la conduite de missions de reconnaissance avec la nacelle RECO-NG des Rafale Air du Régiment de Chasse 2/30 «Normandie-Niémen».

Assurées depuis la base aérienne 118 de Mont-de-Marsan, il n'est pas rare de voir décoller ou atterrir des Rafale locaux équipés de missiles air-air MICA IR et EM bons de guerre (BDG), et de la nacelle RECO-NG.

En outre, les Rafale Air et Rafale M français ne sont pas les seuls à opérer en Libye. En effet, de nombreux vols du Groupe Aérien Mixte 56 «Vaucluse» ont lieu régulièrement, plusieurs fois par semaine. Pour connaître cela, et pour éviter la colère du Ministre de la Défense, il suffit de chercher sur Internet grâce aux sources ouvertes, et notamment les spotters (photographes) basés à Malte.

Il n'est plus rare de croiser des C-130H Hercules et/ou des Twin Otter de l'Armée de l'Air, ainsi que des appareils de compagnies privées qui assurent des missions de transport et de surveillance au profit des armées françaises, mais aussi américaines.

Les sites de suivi en direct des avions (Flight Radar 24, etc...) permettent eux-aussi de noter la présence des forces armées occidentales en Libye, comme ce fût le cas avec, entre autres, l'existence d'hippodromes de ravitaillements en vol français aux larges des côtes libyennes, les allers-retours de petits avions de transport entre Malte et la Libye, ainsi que les appareils C-146 de l'US Air Force Special Operations Command qui sont porteurs, généralement, du callsign «MAGMAxx».

Un, parmi tant d'autres, hippodrome de ravitaillement en vol d'un C-135FR français.

Un, parmi tant d'autres, hippodrome de ravitaillement en vol d'un C-135FR français.

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