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Defens'Aero

Les Pays-Bas vont retirer du Mali les AH-64D Apache et CH-47 Chinook

© A. Jeuland / Armée de l'Air - Un AH-64D Apache néerlandais engagé dans un exercice CSAR.
© A. Jeuland / Armée de l'Air - Un AH-64D Apache néerlandais engagé dans un exercice CSAR.

Si les forces armées françaises sont fortement engagées dans l'ensemble de la bande sahélo-saharienne, un des rares pays européens à se soucier pleinement de la sécurité aux portes de l'Europe, les Pays-Bas participent eux-aussi à des opérations, mais dans le cadre des Nations Unies, avec l'engagement de 400 à 500 militaires.

En effet, depuis le mois de mai 2014, la Royal Netherlands Air Force (Koninklijke Luchtmacht, KLu) déploie au Mali, et plus précisément sur le camp Castor à Gao, quatre hélicoptères d'attaque au sol AH-64D Apache ainsi que trois hélicoptères de transport lourd CH-47D Chinook, qui sont tous intégrés à la MINUSMA (Mission multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali.

Aux côtés de forces spéciales chargées d'assurer le collecte de renseignements et des instructeurs néerlandais qui doivent former les soldats maliens, le détachement aérien a pour but de mener «des missions de reconnaissance et d'escorte» au profit des troupes au sol de la MINUSMA, issues, en majorité, de différents pays africains.

Dans ce cadre, alors que les Chinook transportent de nombreux personnels ainsi que du fret militaire dans l'ensemble des bases de la MINUSMA, les AH-64D «agissent aussi comme un moyen de dissuasion (démonstration de force), ou d'appui-feu».

Toutefois, après un peu plus de deux ans sur place, les Pays-Bas ont annoncé leur intention de retirer du Mali les quatre Apache et les trois Chinook. Selon des responsables militaires, cités par l'agence de presse Reuters et les médias néerlandais, ce retrait aurait été décidé en raison d'une importante usure des hélicoptères.

Sur place, les appareils sont confrontés à de difficiles conditions d'exploitation, avec une très forte chaleur qui atteint facilement les 45°C voire les 50°C dans les déserts rocailleux du nord Mali. En outre, et comme pour les hélicoptères français, le sable est un facteur qui détériore beaucoup les machines internes des hélicos.

© KLu - Deux CH-47D Chinook au-dessus de l'immensité du territoire malien.
© KLu - Deux CH-47D Chinook au-dessus de l'immensité du territoire malien.

Du côté de la MINUSMA, son porte-paroles Nick Birnback a déclaré que «les quatre hélicoptères d'attaque sont essentiels pour les missions, que ce soit de la dissuasion ou en réponse à des attaques».

M. Birnback a ajouté que depuis l'annonce de ce retrait, les Nations Unies cherchaient d'autres moyens aériens afin de combler ce départ, et qu'elles sont entrées en discussion avec des pays, sans qu'il ne soit précisé lesquels, afin qu'ils engagent leurs hélicoptères.

Ce retrait, si il est problématique pour les casques bleus de la MINUSMA, l'est tout autant pour les forces armées françaises dans la région du Sahel. En effet, bien que les hélicoptères Apache ne participaient pas aux missions aux côtés des troupes combattantes françaises, les CH-47D Chinook assuraient, eux, des missions de transport au profit des soldats de Barkhane. Avec ce retrait, c'est un appareil relativement efficace qui ne sera plus disponible et qui manquera cruellement dans le transport de soldats et de matériels.

Pour rappel, au cours de ce déploiement, le détachement Apache de la Koninklijke Luchtmacht a perdu un de ses hélicoptères ainsi que les deux pilotes, qui effectuaient une mission d'entraînement dans le désert malien le 17 mars 2015. Dernièrement, ce sont deux soldats qui sont décédés lors de l'explosion accidentelle d'un obus pendant un exercice de tirs, le 06 juillet 2016.

Par ailleurs, leur emploi se concrétisait parfois par la destruction de cibles ennemies qui menaçaient le sécurité des casques bleus déployés sur le terrain, comme ce fût le cas en ce 20 janvier 2015, à environ 200 kilomètres au nord de Gao.

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