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Defens'Aero

L'Etat-Major des Armées réorganise son dispositif aérien au Moyen-Orient et au Sahel

© Armée de l'Air - Un Rafale de l'EC 3/30 «Lorraine» survole Bagdad, la capitale irakienne.
© Armée de l'Air - Un Rafale de l'EC 3/30 «Lorraine» survole Bagdad, la capitale irakienne.

Comme cela a été évoqué à de multiples reprises sur ce blog, l'Armée de l'Air française est fortement engagée dans des opérations extérieures, entre autres, et doit tenir son engagement afin d'assurer pleinement les missions qui lui sont demandées. Cette suractivité et surintensité fatigue les aviateurs, pilotes comme mécaniciens au sol, ainsi que leurs appareils.

Pour bien comprendre ce qui se passe, l'Etat-Major des Armées explique que «l’engagement d’un Mirage 2000 à l’étranger génère aujourd’hui la consommation du potentiel (humain, matériel, d’entraînement…) de 5 Mirage 2000 en métropole».

Afin de pallier à ces difficultés, le Ministère de la Défense a pris la décision de réorganiser entièrement le plot «Chasse» de l'opération Barkhane, dans la bande sahélo-saharienne, et celui de l'opération Chammal, en Jordanie et aux Emirats arabes unis.

Chammal

Actuellement, les moyens aériens engagés contre l'organisation Etat Islamique se composent de huit Mirage 2000D et 2000N, déployés sur la base aérienne de Prince Hassan, en Jordanie, et de six Rafale B et C, stationnés sur la base aérienne 104 d'Al Dhafra, aux Emirats arabes unis.

Ce dispositif va être réorganiser avec le retrait de l'ensemble des Mirage 2000, qui seront alors remplacés par six Rafale supplémentaires. De ce fait, Chammal va passer de quatorze à douze chasseurs-bombardiers pour les opérations réalisées dans le cadre de la coalition internationale Inherent Resolve.

Si le nombre de chasseurs est légèrement en baisse, ce n'est pas un réel problème puisqu'un Rafale est capable d'emporter à lui seul l'emport qui aurait sollicité trois Mirage 2000D.

A ce stade, l'Etat-Major des Armées n'a pas évoqué la base où seront stationnés tous ces Rafale. Toutefois, il est pratiquement certain qu'une partie de ce nouveau dispositif viendra s'installer sur la base aérienne projetée de Jordanie, au côté de l'Atlantique II de la Marine Nationale, notamment en raison des nombreuses installations et rénovations qui ont été apportées sur cette base.

Enfin, il est à noter que les Rafale qui s'engageront dans ces opérations n'appartiendront plus tous à l'Escadron de Chasse 3/30 «Lorraine», puisqu'il rejoint la base aérienne 118 de Mont-de-Marsan. C'est l'Escadron de Chasse 1/7 «Provence» qui vient désormais s'installer aux Emirats arabes unis (un article à ce sujet sera publié sur ce blog dans les jours à venir).

© L. Marzin / Armée de l'Air - Patrouille mixte d'un Mirage 2000D et d'un 2000C au-dessus du Sahel.

© L. Marzin / Armée de l'Air - Patrouille mixte d'un Mirage 2000D et d'un 2000C au-dessus du Sahel.

Barkhane

Actuellement, l'opération Barkhane est appuyée par quatre Rafale, après que les Mirage 2000D/C aient quitté le Sahel en février 2016.

Afin de pouvoir assurer ce changement de dispositif au Moyen-Orient et de réduire les différents déploiements pour les aviateurs et le personnel de la 3ème Escadre de chasse de Nancy-Ochey, les quatre Rafale vont quitter la base aérienne de N'Djamena et la bande sahélo-saharienne pour laisser la place à un dispositif composé exclusivement de Mirage 2000.

En effet, qu'ils soient stationnés sur la base aérienne de Niamey (Niger), ou de N'Djamena (Tchad), les Mirage 2000D et 2000C assureront conjointement des missions d'appui aérien rapproché et des frappes planifiées contre les groupes jihadistes de la région.

Selon nos informations, le détachement des Mirage 2000C de l'Escadron de Chasse 2/5 «Ile de France» devrait arriver sur zone dans le courant de la fin du mois de juillet 2016.

En attendant ce second déploiement au Sahel, qui pourrait durer jusqu'à un an (tout en sachant que l'escadron devra assurer un TLP en septembre 2016), les pilotes de 2000C s'expérimentent au tir canon air-sol de nuit, sous jumelles de vision nocturne (JVN). Ces exercices sont menés en coopération avec les avions du Centre d'Expertise Aérienne Militaire sur le champ de tir de Captieux, où des passes-canons sont effectuées.

Pour rappel, afin de mener à bien les missions qui leurs sont confiées, les pilotes de chasse des Mirage 2000C peuvent emporter deux bombes air-sol guidées laser GBU-12, des Mk 82 non guidées, et tirer avec les deux canons internes de 30mm.

Cette arme est particulièrement utile pour effectuer une mission d'appui aérien rapproché au profit des troupes au sol qui se trouveraient dans une impasse lors de combats contre des groupes terroristes. Les canons fournissent une puissance de feu moindre à la GBU, mais qui ne met pas en danger les militaires au sol lorsque ces derniers se trouvent dans le rayon d'action de la charge explosive de la bombe. Leur utilisation a été remarquée à plusieurs reprises, avec une première «passe-canon» effectuée en octobre 2015.

Dans le Sahel, les 2000C évoluent constamment avec un 2000D dans une patrouille mixte, appelée Mixed Fighters Element (MFE), puisque le 2000D dispose d'une nacelle de désignation laser, qui permet de guider les GBU-12 des 2000C. Ces derniers peuvent toutefois effectuer leurs frappes grâce au ciblage effectué par un JTAC au sol, un Rafale, un drone, ou un Atlantique II.

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Patrick 28/06/2016 17:53

(debut d'article:Afin de pallier à ces difficultés) encore un qui pallie a... NON!!!! lorsqu'on a vocation a être lu, on fait attention a ce qu'on écrit...