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Defens'Aero

L'Escadron de Chasse 3/11 Corse se sépare de ses Mirage 2000D

© K. CONGINI / Armée de l'Air - Ravitaillement en vol du Mirage 2000D
© K. CONGINI / Armée de l'Air - Ravitaillement en vol du Mirage 2000D

Installé depuis le 03 novembre 2008 sur la base aérienne 188 de Djibouti, dans la corne de l'Afrique, l'Escadre de Chasse 3/11 «Corse» est actuellement équipé de trois Mirage 2000-5F, destinés à la supériorité aérienne, et de quatre Mirage 2000D, utilisés pour l'attaque au sol.

Ces appareils et leurs aviateurs, qui sont sous le commandement du général à la tête des Forces Françaises à Djibouti, assurent, en vertu des accords de défense signés en 1977 entre la France et Djibouti, des missions de supériorité aérienne et de protection de l'espace aérien djiboutien, et leur emplacement sur place permet à la France de maintenir sa présence dans une région du monde qui est instable, mais aussi importante pour la défense de ses intérêts.

Le «Corse», seul escadron de chasse de l'Armée de l'Air française à posséder deux types d'avions de combat aux missions sensiblement différentes (outre le CEAM de Mont-de-Marsan), dispose d'un «coeur» permanent de pilotes et de navigateurs officiers systèmes d'armes (NOSA, sur les 2000D), ainsi que des aviateurs «tournants», qui sont déployés sur place l'espace de quelques temps, avant de rentrer en France.

Ce roulement, qui engage les pilotes du GC 1/2 «Cigognes» (2000-5F) de la 2ème escadre de chasse, et ceux de la 3ème escadre de chasse (2000D), est sur le point de se terminer pour les pilotes et les NOSA de Nancy-Ochey, puisque le 3/11 «Corse» se sépare de ses quatre Mirage 2000D.

En effet, l'information du départ de ces Mirage 2000D circulait depuis maintenant plusieurs jours, mais sans pour autant avoir une confirmation non pas officielle, mais qui émane de plusieurs sources sures afin de pouvoir recouper les informations.

Toutefois, cette décision a été actée puisque l'entreprise (Patch production) qui produit de nombreux patchs pour les escadrons et les unités de l'Armée de l'Air française (entre autres), a publié une photo d'un patch de l'EC 3/11 qui confirme le départ vers la métropole des 2000D.

En forme de cercle, et reprenant les couleurs de la SPA 69 et de la SPA 88, les deux escadrilles qui composent le «Corse», ce patch se compose aussi de deux Mirage 2000D qui traînent derrière eux un «BYE-BYE», et de l'inscription «Remove after flight…» («Retirer après le vol…», par opposition aux flammes de sécurité «Remove before flight» : «Retirer avant le vol»).

Un deuxième patch a aussi été créé, reprenant la forme du Mirage 2000D, caractérisé par ses deux réservoirs externes de 2000 litres, et agrémenté des deux SPA et des dates «2008-2016». Dès 2008, lors de sa renaissance à Djibouti, le 3/11 est équipé de Mirage 2000D et de Mirage 2000C. Ce n'est que le 31 août 2011 que les premiers 2000-5F ont rejoint l'escadron.

Bien qu'il n'existe pas encore de justification officielle concernant ce retrait, il est fort probable qu'il fait suite à la suractivité qui règne depuis plusieurs années au sein de la 3ème escadre de chasse, qui consomme le potentiel de ses pilotes et de ses appareils dans de nombreuses et longues opérations extérieures.

A ce stade, les aviateurs permanents du 3/11 pourraient alors eux-aussi regagner la France et être intégrés dans les quatre escadrons de 2000D (3 opérationnels et 1 de transformation).

La présence des Mirage 2000D dans la région permettait, bien qu'il y ait la BA 104 d'Al Dhafra aux Emirats arabes unis avec ses Rafale, d'avoir une force de frappe qui pouvait agir à tout moment afin de procéder à des frappes aériennes.

En outre, la présence des forces américaines, et notamment de l'US Marine Corps, permettait d'entraîner les équipages français avec les américains, d'entretenir une coopération, d'améliorer l'interopérabilité, et de confronter les pilotes français à des appareils comme le AV-8B Harrier II.

Les opérations des 2000D du «Corse» à Djibouti ont été marquées par le tragique accident d'un des appareils, qui s'est écrasé en juin 2003, lors d'un vol de nuit. Le pilote et le navigateur effectuaient une mission d'entraînement aux tirs de nuit lorsque l'appareil a percuté le sol sans que le pilote n'ait pu redresser son avion. Les deux aviateurs, 30 et 31 ans, ne se sont pas éjectés et sont décédés dans le crash.

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