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Defens'Aero

Deux Su-34 Fullback Russes ont mené des frappes aériennes contre une rivière gelée

© UK MoD - Un Su-34 «Fullback» lors d'une interception de la permanence opérationnelle Anglaise.
© UK MoD - Un Su-34 «Fullback» lors d'une interception de la permanence opérationnelle Anglaise.

Si les avions d'attaque au sol Su-34 «Fullback» de l'Armée de l'Air russe sont depuis quelques mois sous les projecteurs des médias spécialisés en raison de leurs participations dans la campagne aérienne russe en Syrie pour soutenir les forces armées syriennes loyalistes à Bachar El-Assad et pour frapper les organisations jihadistes, il n'en reste pas moins que ces appareils continuent d'assurer leurs missions en Russie, dont certaines sont plutôt surprenantes et inhabituelles.

En effet, selon plusieurs médias et agences de presses russes, tel que Sputnik, Russia Today, et ITAR Tass, l'Armée de l'Air a mis à disposition deux Su-34 «Fullback» afin qu'ils puissent effectuer des frappes aériennes contre un embâcle qui empêchait l'écoulement de la rivière Sukhona, située dans l'Oblast de Vologda, dans l'ouest de la Russie.

Cet embâcle, constitué pour sa majorité par d'épais et solides morceaux de glaces en raison de la fonte des glaces a provoqué une importante inondation sur les berges de la rivière, l'une des plus importantes depuis une vingtaine d'années, et a touché une centaine de villes et villages russes. De nombreux habitants de ces communes russes ont été contraints de quitter leurs logements et d'être relogés, notamment après une montée des eaux qui a doublé en une seule et même journée, selon le Ministère russe des situations d'urgences.

Face à cette situation, et après avoir essayé toutes les solutions qui étaient à la disposition des autorités locales, ces dernières ont fait appel au Ministère russe de la Défense pour tenter de trouver une solution afin de détruite cet embâcle qui mesurait pas moins de 40 kilomètres de long.

Deux Su-34 «Fullback» ont alors décollé de la base aérienne de Voronezh Malshevo, située plusieurs dizaines de kilomètres au sud de la rivière, et armés par ce qui semble être des bombes guidées GPS. Les frappes aériennes, menées à intervalle régulier, ont été effectuées contre des parties gelées de la rivière afin que ces dernières se brisent et que l'eau puisse s'écouler. En aval de la rivière, deux brises-glace étaient également présents afin de couper les derniers gros morceaux qui ont pu résister aux frappes aériennes.

Toutefois, selon Sergueï Choïgou, le Ministre russe de la Défense, cité par Sputnik, «la glace a commencé à bouger, mais deux avions ne suffisent pas». C'est pourquoi d'autres opérations devraient avoir lieu dans les jours à venir avec, si cela est nécessaire, le déploiement de «plus de 2 000 militaires et près de 600 véhicules spéciaux dans les régions sinistrées».

VIDEO 1 - Première séquence intéressante qui donne une idée de l'épaisseur de la glace et de sa résistance :

VIDEO 2 - Observation des différentes passes réalisées par les deux Su-34 «Fullback» contre ces embâcles :

VIDEO 3 - Décollages des deux «Fullback» depuis la base aérienne russe de Voronezh Malshevo :

Pour rappel, en France aussi, une opération de ce type aurait été envisagée...

Il y a un an maintenant, entre avril et septembre 2015, le tunnel du Chambon, reliant Grenoble (Isère) à Briançon (Hautes-Alpes), avait été fermé à la suite d'un glissement de terrain qui avait alors considérablement gêné les habitants de la vallée de la Romanche.

Au cours des nombreuses réflexions qui ont suivi afin de tenter de trouver une solution pour dégager la route, l'une d'elle, évoquée par France Bleu Isère, rappelle la même situation qui se déroule actuellement en Russie.

En effet, dans son article du 1er Juillet 2015 (lire ici), outre les méthodes habituelles dans les cas de glissement de terrain comme l'utilisation d'explosifs ou la purge hydraulique, il a été avancé une idée pour le moins inhabituelle lors de réunions : «Le scénario envisagé était le tir d’un missile air-sol sur le site du Chambon», affirme le journal.

L'expert du Conseil départemental, cité par ce même média, indiquait à l'époque que cette idée «a fait partie des solutions qui ont été évoquées lors des 'brainstormings'. Mais on a aussi le souci de ne pas aggraver le désordre…».

Solution qui n'a ps été retenue, l'histoire n'a donc pas dit qui aurait eu l'honneur, entre un Rafale ou un Mirage 2000D, d'effectuer, pour la toute première fois, une frappe aérienne contre un pan de montagne, que ce soit à la GBU guidée laser, ou à la bombe AASM guidée GPS...

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