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Defens'Aero

La nacelle ASTAC est opérationnelle sur Mirage 2000D

Photo : © Swingwing - Mirage 2000D du CEAM équipé de la nacelle ASTAC.
Photo : © Swingwing - Mirage 2000D du CEAM équipé de la nacelle ASTAC.

EXCLUSIF !

Lorsque le Mirage F1 était encore en service au sein de l'Armée de l'air française (dernier vol le 14 Juillet 2014), celui-ci avait la particularité et la spécificité d'être le seul avion de combat de la flotte de l'Armée de l'Air à pouvoir mettre en oeuvre la nacelle de reconnaissance tactique ASTAC, pour Analyseur de Signaux TACtiques.

Cette nacelle, ou «pod», développée par le français Thales, a pour mission d'assurer le suivi de l’environnement électromagnétique et la reconnaissance électronique tactique d'une zone d'opérations. Cette fonction inclut par ailleurs l’actualisation de la situation électronique générale et l’établissement de l’ordre de bataille électronique dans lequel évolue l'aéronef porteur.

Cependant, après le retrait du Mirage F1, l'Armée de l'Air ne pouvait se séparer de cet outil et se devait donc de l'intégrer sur un autre avion de chasse qui restait opérationnel. Et ce sont les Mirage 2000D de la 3ème Escadre de Chasse, sur la base aérienne 133 de Nancy-Ochey, qui ont été choisis.

En effet, dès le mois de Février 2012, la Direction Générale de l'Armement (DGA) avait annoncé que l'industriel français Thalès aurait pour mission d'adapter ces nacelles sur les Mirage 2000D. Lors de l'officialisation de ce contrat, évalué à dix millions d'euros, l'objectif était alors de mettre en place «l’interfaçage des nacelles avec le Mirage 2000D, tant en termes d’adaptation à la plateforme que d’adaptation des calculateurs de contre-mesure», selon le communiqué de presse de Thalès, publié lors de la notification du contrat.

Cette intégration sur ces chasseurs-bombardiers, évoquée dès le mois de Mars 2014 ici-même sur Defens'Aero, avait cependant pris un certain retard lors des différents essais, et cela a occasionné un trou capacitaire au sein de l'Armée de l'Air pendant quelques mois seulement.

Ce Mirage F1-CR, au premier plan sur la photographie, est équipé de la nacelle ASTAC, située sous le «ventre» de l'appareil - Photo : © A. Jeuland / Armée de l'Air.

Ce Mirage F1-CR, au premier plan sur la photographie, est équipé de la nacelle ASTAC, située sous le «ventre» de l'appareil - Photo : © A. Jeuland / Armée de l'Air.

Après le travail des ingénieurs de la DGA, sur la base aérienne 125 d'Istres, c'est le Centre d'Expertise Aérienne Militaire, situé sur la base aérienne 118 de Mont-de-Marsan, qui a eu la charge d'intégrer cette nacelle sur le Mirage 2000D.

La nacelle, aperçue sur un Mirage 2000D du CEAM le 19 Mai 2014 lors de son atterrissage sur la base aérienne 120 de Cazaux, qui accueille un site de la DGA Essais en vol, a par la suite été confiée au CEAM de l'Armée de l'Air vers le mois de Novembre 2014.

Depuis cette date donc, les aviateurs mènent des essais et des expérimentations afin de pouvoir valider son emport, et ces essais sont terminés depuis maintenant plus de sept mois.

En effet, après une demande de ma part, la communication de l'Armée de l'Air a confirmé que la nacelle ASTAC «a été adaptée au Mirage 2000D», et que celle-ci «est en fonction depuis fin Juillet 2015». Cette demande fait suite à des informations transmises par un contact il y a maintenant quelques semaines, qui évoquait déjà l'intégration de cette nacelle sur les Mirage 2000D.

De plus, et toujours selon ce même contact, cette nacelle pourrait être actuellement utilisée dans le cadre d'une opération extérieure.

En effet, et si l'on prend le cas de l'opération Chammal, qui se déroule en Syrie et en Irak, de nombreux pays et leurs forces aériennes respectives mènent quotidiennement des frappes aériennes et des missions de reconnaissance contre l'Organisation Etat Islamique et les autres groupes jihadistes de la région.

Cependant, il ne faut pas oublier que quand bien même cette opération est menée en coopération avec de nombreux partenaires, considérés comme des alliés, ces derniers mettent en oeuvre des aéronefs disposants, pour certains, des versions les plus récentes, et donc avec une technologie de pointe (F-22 Raptor, Rafale, Su-35, Su-34, avions de reconnaissance, etc...).

La guerre électronique, c'est l'autre guerre qui se joue également au Moyen-Orient. Et c'est donc ici l'occasion de pouvoir observer et étudier le comportement et la qualité des technologies mises en oeuvre par nos «alliés» dans un contexte réel, et dans un environnement de guerre, qui oblige à utiliser les meilleurs ressources des aéronefs engagés.

Lors des exercices interalliés, que ce soit par exemple lors des Red Flag ou plus récemment avec le Trilateral Exercise Initiative (TEI) en Décembre 2015, les pilotes de chasse engagés n'utilisent pas la totalité du potentiel que peuvent mettre en oeuvre les aéronefs engagés. Chaque force aérienne garde son véritable potentiel pour soi et, à titre d'exemple, SPECTRA (sur Rafale) n'a pas encore livré tous ses secrets face aux pilotes alliés, mais adversaires lors des exercices (sauf peut-être pour les pilotes étrangers en échange dans les escadrons).

Mais outre les missions en Syrie et en Irak, cette nacelle a aussi pu être engagée au sein de la bande sahélo-saharienne, depuis la base aérienne de Niamey, au Niger, où étaient stationnés il y a encore quelques jours des Mirage 2000D et 2000C.

Pour le compte de cette opération, elle pouvait capter et enregistrer les données issues des outils technologiques (téléphones, ordinateurs, GPS) des groupes jihadistes qui sévissent dans la région.

Il n'est pas non plus exclu que cette nacelle ait été utilisée lors de missions dans le Sud de la Libye, afin d'observer ces mêmes jihadistes, ou peut-être même dans le Nord du pays, qui voit la présence de plus en plus forte de l'Organisation Etat Islamique, qui tente de prospérer depuis la ville de Syrte, et où des missions sont régulièrement menées par des Rafale de l'Armée de l'Air avec la nacelle RECO-NG. Pour rappel, les premières missions de reconnaissance effectuées avant les frappes aériennes en 2011 en Libye (opération Harmattan) ont été menées par des Mirage F1-CR équipés... de la nacelle ASTAC.

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