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Defens'Aero

Le Charles de Gaulle a rejoint son port d'attache de Toulon

Photo : © Marine Nationale - Catapultage des derniers chasseurs avant leur retour à Landivisiau.
Photo : © Marine Nationale - Catapultage des derniers chasseurs avant leur retour à Landivisiau.

Après avoir passé quatre mois en mer dans le cadre de la mission «Arromanches 2», le porte-avions Charles de Gaulle est rentré à son port d'attache dans la rade de Toulon le Mercredi 16 Mars 2016, en milieu d'après-midi, après l'avoir quitté le 18 Novembre 2015, quelques jours seulement après les terribles attentats de Paris.

Photo : © EMA - Le Charles de Gaulle sous un puissant coucher de soleil

Photo : © EMA - Le Charles de Gaulle sous un puissant coucher de soleil

  • Le Groupe Aéronaval

Sur l'eau, et sous l'eau

Lors de son départ de Toulon au mois de Novembre 2015, le porte-avions Charles de Gaulle a appareillé avec l'ensemble de son Groupe Aéronaval, composé alors par «la frégate de défense aérienne Chevalier Paul, la frégate anti sous-marine La Motte Piquet (jusqu’à mi-janvier 2016), la frégate FREMM Aquitaine (à partir de mi-janvier 2016), le bâtiment de commandement et de ravitaillement Marne, la frégate anti-aérienne britannique HMS Defender, et la frégate belge Léopold 1er (du 18 novembre 2015 au 4 janvier 2016)».

Enfin, se trouvaient également aux côtés de ces bâtiments, un sous-marin nucléaire d'attaque de la Marine Nationale, ainsi que la frégate allemande Augsburg, qui a été intégrée au sein de ce dispositif pendant quelques semaines.

Dans les airs

Le porte-avions Charles de Gaulle embarquait à son bord, outre les 1 900 marins, dix-huit Rafale M de la Flottille 12F et 11F, ainsi que huit Super-Étendard Modernisés de la 17F, qui ont effectué leur dernier déploiement opérationnel avant leur retrait définitif.

A bord se trouvait aussi un E-2C Hawkeye de la Flottille 4F, afin de mener des missions de guet aérien lors des opérations du groupe.

Enfin, afin d'assurer la récupération d'équipages et de pilotes qui auraient pu s'éjecter à la suite de leur catapultage (missions PEDRO) et pour les missions de recherche et de sauvetage (RESCO), la Task Force 473 a pu compter sur deux hélicoptères Dauphin et sur une Alouette III de la Marine Nationale, aux côtés d'un Super Puma de l'Armée de l'Air.

Il ne faut pas non plus oublier l'ensemble des hélicoptères de la Marine Nationale qui opéraient non pas depuis le porte-avions, mais depuis les bâtiments d'escortes, qui embarquaient notamment des NH-90NFH Caïman et des hélicoptères Lynx pour mener, principalement, des missions de lutte anti-sous-marine (ASM), mais aussi de transport de fret et de militaires entre les continents et les différents navires.

Photo : © EMA - Rafale M engagé au-dessus de l'Irak

Photo : © EMA - Rafale M engagé au-dessus de l'Irak

  • Les missions d'«Arromanches 2»

​Libye

Alors qu'elles ont été très peu médiatisées, la Chasse Embarquée a mené des missions de reconnaissance au-dessus des territoires Libyens contrôlés par l'Organisation Etat Islamique, et notamment aux alentours de la ville côtière de Syrte.

Ces missions, révélées par la communication de l'Elysée, et non par l'Etat-Major des Armées (EMA), ce qui n'a pas plu à tout le monde, ont été effectuées par des appareils de la Marine Nationale qui ont mené ces missions ISR (Intelligence, Surveillance, & Reconnaissance) «les 20 et 21 Novembre». Ces opérations se sont déroulées «dans les régions de Syrte et Tobruk», situées, respectivement, dans le Nord et le Nord-Est de la Libye.

Des missions de ce même type, toujours au-dessus de la Libye, auraient également été effectuées lors du passage du Charles de Gaulle au large des côtes libyenne pendant son trajet retour, avant son arrivée en France.

Ces vols ont permis de compléter ceux déjà effectués par les Rafale de l'Armée de l'Air, notamment ceux du Régiment de Chasse 2/30 «Normandie-Niémen», soutenus par les ravitailleurs des Forces Aériennes Stratégiques, qui opèrent depuis la base aérienne d'Istres.

Irak / Syrie

A contrario des missions en Libye, celles effectuées au-dessus du territoire irakien et syrien ont été largement relayées par l'Etat-Major des Armées dans ses points-presse hebdomadaires, ainsi que dans les médias français.

Les opérations effectuées dans le cadre de l'opération Chammal, qui était déjà composée, entre autres, de Mirage 2000D/N et de Rafale de l'Armée de l'Air, se sont déroulées en deux temps.

Une première série de missions a été menée entre fin Novembre et Décembre 2015 depuis la Méditerranée orientale (MEDOR), aux larges des côtes syriennes, où des frappes aériennes ont été portées en Syrie, contre l'Organisation Etat Islamique, et en Irak, afin de soutenir les forces armées irakiennes, toujours contre ces mêmes jihadistes.

Selon l'EMA, le Groupe Aérien Embarqué (GAE) «a réalisé 130 sorties aériennes, 22 frappes et 9 missions ISR sur les territoires contrôlés par Daech», contre des «centres de commandement et de formation, des sites de stockage d’armement et de fabrication d’IED. Il a aussi appuyé les forces irakiennes combattant Daech au sol en Irak, contribuant ainsi directement aux avancées de FSI [Forces de Sécurités Irakiennes, NDLR] en Irak».

Après avoir franchi le canal de Suez le 07 Décembre 2015 et rejoint le golfe arabo-persique (GAP) les jours suivant, la deuxième série de missions s'est déroulée jusqu'au 22 Février 2016. Lors de ces missions, la Chasse Embarquée a réalisé, toujours selon l'EMA, «près de 400 sorties aériennes opérationnelles», en coopération avec les appareils français et le reste des aéronefs de la coalition internationale.

Les marins français ont assuré des missions ISR (Intelligence, Surveillance, and Reconnaissance) au-dessus du territoire irakien et syrien, et ont procédé à quatre-vingt frappes aériennes contre l'Organisation Etat Islamique.

Au total, selon l'EMA, «les équipages ont effectué près de 530 sorties aériennes - parfois jusqu’à 18 par jour lors des phases d’intensification de la coalition», permettant de réaliser une centaine de frappes, dont certaines avec les missiles de croisière SCALP-EG.

Photo : © MINDEF égyptien - Patrouille de Rafale DM égyptiens pendant l'exercice RAMSES 2016.

Photo : © MINDEF égyptien - Patrouille de Rafale DM égyptiens pendant l'exercice RAMSES 2016.

Egypte

(extrait d'un article publié le 11 Mars 2016)

Mais outre les missions de guerre, les chasseurs français se sont aussi entraînés avec leur partenaire régionaux, et notamment l'Egypte. C'est donc dans ce cadre là que du 08 au 10 Mars 2016, le Groupe Aéronaval a participé à l'exercice Ramsès 2016, aux côtés des aéronefs de la Force Aérienne Egyptienne (Al-Qūwāt al-Gawwīyä al-Miṣrīy) et des bâtiments de la Marine Egyptienne.

Dans son communiqué de presse, publié le 09 Mars 2016, la Marine Nationale explique que «cet exercice planifié s’inscrit dans le cadre de la coopération militaire entre la France et l’Égypte, qui compte parmi nos principaux partenaires dans la région», et permet notamment de «renforcer l'interopérabilité, dans les domaines aériens et navals, où la coopération entre les deux pays est déjà très développée».

Cet exercice, pour la toute première fois, a vu la mise en place de missions d'entraînement entre les Rafale M de la Chasse Embarquées, aux côtés des Rafale DM de la Force Aérienne Egyptienne, fraîchement réceptionnés, avec de jeunes pilotes de chasse égyptiens qui ont encore beaucoup à apprendre sur cet avion.

Ces missions ont donc été l'occasion pour eux de parfaire leur entraînement avec des pilotes de chasse expérimentés, qui disposent de plusieurs centaines d'heures de vol sur ces appareils, ainsi que des missions de guerre à leur actif.

Ces missions ont aussi vu la participation des F-16 (toutes versions confondues) et des Alpha Jet de la Force Aérienne Egyptienne, ainsi que les Super-Etendards Modernisés de la Flottille 17F, soutenus par les avions de guet aérien E-2C Hawkeye de la Marine Nationale et de la Force Aérienne Egyptienne.

L'ensemble de ces appareils, selon les photographies et les vidéos diffusées par la communication des forces armées égyptiennes, ont réalisé des frappes aériennes dans des champs de tir couramment utilisés par l'Egypte et ses militaires.

Mais outre la partie aérienne, des missions ont aussi été effectuées en mer, avec des tirs réels, notamment avec «la frégate multimission égyptienne et son sister-ship français [qui ont participé] à des interactions dynamiques».

Le dernier jour de l'exercice, le Chef d'Etat-Major de la Marine Egyptienne, le vice-amiral Oussama Rabi, s'est rendu sur le Charles de Gaulle afin de rencontrer son homologue français, l'amiral Bernard Rogel. Ce fût l'occasion pour M. Rabi de «saluer le succès» de cette édition 2016, selon le communiqué de presse de l'Etat-Major des Armées.

Photo : © Marine Nationale - Dernier catapultage d'un SEM depuis le Charles de Gaulle (ces deux-là, 40 ans qu'ils «SEM» ... !)

Photo : © Marine Nationale - Dernier catapultage d'un SEM depuis le Charles de Gaulle (ces deux-là, 40 ans qu'ils «SEM» ... !)

  • Le dernier des derniers

Cette mission était le dernier déploiement opérationnel des Super-Etendard Modernisés de la Flottille 17F. Avec le dernier catapultage opérationnel effectué depuis le Charles de Gaulle et au sabre le Mercredi 16 Mars 2016, c'est une importante page de la Marine Nationale qui se tourne, après plus de 40 années à avoir parcouru le globe.

Retrouvez des informations complémentaires sur cet appareil dans un article à paraître dans peu de jours.

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