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Defens'Aero

Les drones MQ-9 Reaper et Harfang ont effectué 15 000 heures de vol au Sahel

Photo : © Armée de l'Air - Un Reaper au roulage rejoint sa zone de stationnement.
Photo : © Armée de l'Air - Un Reaper au roulage rejoint sa zone de stationnement.

Dans le cadre du point-presse hebdomadaire mis en place par le Ministère de la Défense, l'Etat-Major des Armées a révélé hier Jeudi 25 Février, que la flotte des drones Harfang et MQ-9 Reaper déployés sur la base aérienne de Niamey, au Niger, a franchi le cap des 15 000 heures de vol au-dessus de la bande sahélo-saharienne.

Ce cap des 15 000 heures de vol a été obtenu lors d'une mission effectuée par un drone MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) de l'Armée de l'Air, dont la version n'a pas été précisée, au cours de la journée du Dimanche 21 Février 2016, dans le cadre de l'opération Barkhane.

La flotte de drones de l'Armée de l'Air à Niamey, qui sont mis en oeuvre par l'Escadron de Drones 1/33 «Belfort», est composée de deux drones Harfang, déjà utilisés depuis 2008, et de trois MQ-9 Reaper, dont le premier exemplaire a été livré en 2013, directement sur le théâtre des opérations afin de pouvoir disposer au plus vite de ces drones, beaucoup plus puissants que les Harfang.

L'Armée de l'Air précise que «plus d’un millier de missions d’appui renseignement aux opérations ont été réalisées par ces appareils pilotés à distance et équipés pour mettre en œuvre la capacité ISR (Intelligence, surveillance and reconnaissance)».

  • Une mission de plus de 25 heures

L'Etat-Major des Armées avait annoncé, le 29 Octobre 2015, qu'un drone MQ-9 Reaper avait effectué une mission d'une durée totale de 25 heures et 6 minutes, toujours au-dessus du Sahel, dans le cadre de l'opération Barkhane.

C'est la première fois qu'un drone de l'Armée de l'Air reste aussi longtemps en vol lors d'une mission au profit des forces de l'Armée de Terre engagées au sol contre les groupes terroristes de la région.

  • Un troisième système de drones commandé par la Direction Générale de l'Armement

Dans un communiqué de presse publié le Jeudi 10 Décembre 2015, la Direction Générale de l'Armement (DGA) a annoncé avoir commandé un troisième système de drones MALE de type MQ-9 Reaper.

La DGA indique que cette commande a été passée le 07 Décembre 2015, auprès de l'avionneur américain General Atomics. Ce troisième système, comme tous les autres, se compose de trois drones MQ-9 Reaper et de deux stations de contrôle au sol (autrement dit, des cockpits). La DGA précise aussi que «leur acquisition est réalisée selon la procédure FMS (Foreign Military Sale) auprès de l’US Air Force».

  • Des appareils «essentiels»

Selon les propos de la DGA, ce «premier système, livré en décembre 2013, est utilisé de manière intensive» au profit direct des militaires français, comme avec, par exemple, la protection des convois militaires avec l'observation des routes qu'ils vont être amenés à franchir.

Indirectement, ils sont également utilisés pour quadriller le désert saharien afin de repérer toute activité suspecte, ainsi que les chefs militaires des groupes jihadistes qui opèrent encore dans la région, que ce soit dans les pays membres du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad), mais peut-être aussi au-delà des frontières du Sahel, afin de surveiller le groupe jihadiste Boko Haram, au Nigéria, et le désert du Sud de la Libye, également surveillée dans le Nord par d'autres aéronefs français.

La DGA affirme dans son communiqué de presse que «les drones MALE sont des outils essentiels dans les zones de conflit moderne, offrant une capacité majeure en termes de connaissance et d’anticipation. Ils sont capables d'assurer des missions de renseignement, de surveillance, de reconnaissance et de désignation d'objectifs en opérant, grâce à leur endurance, sur de larges zones, à grandes distances et sur de longues durées».

  • Des livraisons étalées dans le temps avec différents standards

Le deuxième système de drones commandé par la France doit être livré dans le courant de l'année 2016, et le troisième, le dernier qui a été commandé le 10 Décembre 2015, devrait voir arriver ses premiers Reaper en 2019. A ce titre, la DGA rappelle que «la Loi de programmation militaire 2014-2019 prévoit que l’armée de l’air disposera en 2019 de quatre systèmes complets, comprenant chacun trois drones».

Ces quatre systèmes représentent un total de douze drones MQ-9 Reaper, qui ne sont, pour l'instant, malheureusement pas armés. Ils pourraient l'être dans un avenir proche, ce qui permettrait d'être beaucoup plus efficace dans les opérations avec une réactivité immédiate. A l'heure actuelle, si le drone repère une cible qui doit être détruite, ce dernier est obligé de faire appel aux Rafale de l'Armée de l'Air, stationnés sur la base aérienne de N'Djamena, au Tchad.

Les deux premiers système de drones commandés sur étagère auprès de General Atomics sont au standard Block 1. De ce fait, ces drones là ne peuvent être utilisés qu'en opérations, et non dans l'espace aérien européen car ils ne disposent pas de l'équipement nécessaire pour pouvoir s'intégrer dans un espace aérien civil.

A contrario, les Reaper du troisième système seront eux au standard Block 5, qui comprend une nette amélioration de la station de contrôle, et qui «permet des facilités en termes d’adaptation d’une charge utile différente, en particulier les charges utiles de ROEM» (Renseignements d'Origine Electro-Magnétique), selon le Délégué Général à l'Armement, Laurent Collet-Billon.

Si les derniers Reaper qui seront réceptionnés pourront alors évoluer et même décoller depuis la France pour mener des missions dans le Sahel, les premiers Reaper réceptionnés au standard Block 1 seront rétrofités au standard Block 5 afin de pouvoir eux-aussi évoluer où ils le souhaitent.

Photo : © Armée de l'Air - Drone Harfang sur la piste de la base de Niamey.
Photo : © Armée de l'Air - Drone Harfang sur la piste de la base de Niamey.
  • Des missions depuis Cognac

La mise en place de cabines de contrôle au sol des drones MQ-9 Reaper français sur la base aérienne 709 de Cognac permettra de reposer les aviateurs qui pilotent ces drones. En effet, tout comme l'US Air Force, l'Armée de l'air française manque d'effectifs pour faire fonctionner l'ensemble de son parc de drones, et les aviateurs du «Belfort» tournent donc trop souvent en opération extérieure.

Cependant, si cela permettrait de reposer les pilotes de drone, cela réduirait aussi l'efficacité de la coopération entre les pilotes de chasse et ceux des drones. Le déploiement des équipages et des cabines de contrôle au sein des opérations extérieures permet d'avoir une excellente communication et un véritable travail de coopération entre les pilotes de drone et les pilotes de chasse, notamment ceux de Mirage 2000D, qui étaient encore déployés à Niamey il y a peu de temps.

En effet, à titre d'exemple, avant de partir en mission pour venir en aide à des militaires français engagés dans des combats au sol, avant le décollage, les pilotes de chasse prennent le temps de visualiser la zone des combats filmés par le drone, ce qui permet d'avoir une première idée de la situation sur place, et d'arriver sur zone en ayant déjà réfléchi à la meilleure tactique pour engager l'ennemi.

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