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Defens'Aero

Un F-16 bahreïni s'est écrasé à proximité de la frontière avec le Yémen

Photo : via Al Arabiya - Les restes du F-16C de la Force Aérienne Royale du Bahreïn.
Photo : via Al Arabiya - Les restes du F-16C de la Force Aérienne Royale du Bahreïn.

Dans un communiqué de presse publié le Mercredi 30 Décembre 2015, l'agence de presse officielle du gouvernement de l'Arabie Saoudite, la Saudi Press Agency (SPA), a indiqué qu'un F-16C de la Bahrain Amiri Air Force (BAAF) s'est écrasé en Arabie Saoudite, non loin de la frontière avec le Yémen.

L'accident s'est produit dans le Sud-Ouest du pays, plus précisément dans la région de Jizan, et à seulement quelques kilomètres de la frontière avec le Yémen, où une coalition arabe y mène une opération aérienne, mais aussi terrestre.

Selon le communiqué de presse, «le pilote des forces de Bahreïn, qui participait à la coalition, a survécu après la chute de son avion F-16 dans la région de Jizan, en raison d'un dysfonctionnement technique» qui s'est produit dans la matinée.

Éjecté, le pilote a été récupéré peu de temps après son atterrissage au sol et a été pris en charge par les services de secours locaux, qui l'ont conduit à l'hôpital afin qu'il puisse passer des examens plus approfondis, bien qu'il soit en «bonne santé», selon un communiqué de presse de l'Etat-Major des forces armées du Bahreïn.

Les militaires bahreïnis ont également ajouté dans ce second communiqué, publié plus tard que celui de la SPA, que le F-16C effectuait «une obligation nationale dans la défense des frontières méridionales» de l'Arabie Saoudite. Enfin, ce même communiqué ajoute qu'une enquête a également été ouverte afin de déterminer les causes de cet accident.

C'est le deuxième avion de chasse qui est perdu par la coalition arabe engagée au-dessus du Yémen. En effet, un F-16C Block 52 de la Force Aérienne Royale Marocaine (ou Force Royale Air) s'est écrasé le 10 Mai 2015 dans la province de Saada, située au Nord-Ouest du Yémen, et jouxtant avec la frontière saoudienne. On ne sait pas si l'appareil a été abattu par les rebelles de la région ou si une panne est à l'origine de ce crash. Toutefois, le pilote qui menait sa mission ne s'est pas éjecté et est décédé dans l'accident de son appareil ("tail number" 08-8008).

  • Intervention au Yémen

Au Yémen, en Septembre 2014, la rébellion houthiste a pris le contrôle de la capitale du Yémen, Sanaa, afin de contester un projet de Constitution sur un Etat fédéral qui lui priverait son fief dans le Nord du pays, et donc, un accès direct à la mer. A ce moment là, lors de la capture de la capitale, le président yéménite au pouvoir Rabbo Mansour Hadi a alors pris la décision de fuir la ville et de s'installer à Aden, au Sud du pays.

Cependant, quelques semaines plus tard, cette rébellion, soutenue par l'Iran et par des unités militaires qui sont fidèles à l'ancien président Ali Abdallah Saleh, a fortement progressé vers le Sud du Yémen et est arrivée aux portes de ville d'Aden, où des combats ont fait rage entre les forces loyalistes et les rebelles. Le Président au pouvoir, qui a dû changer d'emplacement pour des raisons de sécurité, avec notamment le survol de son palais à quelques reprises par des avions de chasse, a lancé un appel à l'aide à ses puissants alliés de la région.

Cet appel a été très bien entendu par l'Arabie Saoudite, qui ne veut absolument pas voir les milices chiites, contrôler une rive du détroit stratégique de Bab el-Mandeb, qui fait la jonction entre la Mer Rouge et le Golfe d’Aden.

Selon l'ambassadeur de l'Arabie Saoudite aux Etats-Unis, cette opération militaire a pour objectif de «défendre le gouvernement légitime du Yémen et d'empêcher le mouvement radical houthiste de prendre le contrôle du pays». Par ailleurs, cette même autorité avait indiqué il y a maintenant plusieurs mois que la milice houthiste «contrôle ou pourrait contrôler des missiles balistiques, des armes lourdes et une force aérienne. Je ne me rappelle aucune autre situation dans l’histoire où une milice dispose d’une force aérienne. C’est donc une situation très dangereuse».

C'est donc dans ce cadre là que l'Arabie Saoudite a officialisé en Mars 2015 la constitution d'une coalition militaire afin de soutenir l'actuel Président Rabbo Mansour Hadi, qui a dû mal à faire face à cette rébellion houthiste (d’obédience zaïdite, qui est une branche du chiisme). Les premières frappes de cette coalition, ralliée sous le nom "Decisive Storm" (Tempête Décisive), ont été effectuées dans la nuit du Mercredi 25 au Jeudi 26 Mars. Dès les premiers jours de cette opération, la coalition a compté dans ses rangs des chasseurs de l'Egypte, de la Jordanie, du Soudan, du Maroc, du Qatar, du Koweït, de Bahreïn, ainsi que des Emirats-Arabes-Unis.

Quelques temps après la campagne de bombardements, une nouvelle phase, appelée "Restore Hope" (Restaurer l'espoir), a été mise en place et vise à engager une reprise du processus politique au Yémen, avec le déploiement d'un important contingent de forces terrestres sur le sol yéménite, qui subit de nombreux revers lors de batailles dans certaines régions du pays.

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