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Defens'Aero

Un F/A-18C Hornet de l'US Marine Corps ravitaille au-dessus de l'Irak avec un seul réacteur

Photo : (c) RAAF - Un F/A-18C Hornet de l'US Marine Corps ravitaille auprès d'un KC-30A australien.
Photo : (c) RAAF - Un F/A-18C Hornet de l'US Marine Corps ravitaille auprès d'un KC-30A australien.

Dans la bande dessinée Team Rafale : Traque en Afghanistan (tome n°4), Tom et Lorenzo, respectivement pilote de chasse et Navigateur Officier Système d'Armes sur Rafale, vont devoir, à la suite d'un combat aérien mouvementé au-dessus de l'Afghanistan, rejoindre le ravitailleur C-135FR avec les réservoirs internes vides pour effectuer un «ravitaillement toboggan» qui consiste à se ravitailler tout en ayant les réacteurs éteints en l'absence de kérosène.

Si la situation racontée dans cette bande dessinée est imaginaire, elle l'a était un peu moins pour le pilote de chasse d'un F/A-18C Hornet de l'US Marine Corps lors d'une mission au-dessus de l'Irak, pendant l'opération Inherent Resolve contre l'Organisation Etat Islamique.

En effet, selon un communiqué de presse publié par la Force Aérienne Royale Australienne, un ravitailleur KC-30A MRTT a ravitaillé le F/A-18C avec un des deux réacteurs hors-service à la suite d'un problème technique. Selon ce même communiqué, «à court de carburant, le Hornet a demandé l'appui du ravitailleur KC-30A de la Force Aérienne Royale Australienne».

Lors de la demande effectuée par le pilote de chasse américain, le chef de bord du ravitailleur australien, le chef d'escadron Jamie, a du réfléchir et mettre au point avec son équipage à bord la meilleure solution possible pour éviter que le pilote n'ait à s'éjecter. En sachant qu'il fallait prendre en compte le fait «que le Hornet ne pouvait pas maintenir l'altitude et la vitesse nécessaire qui était utilisée habituellement lors des ravitaillements», deux options s'offraient alors à eux.

La première option «était d'accepter de ravitailler à une vitesse réduite, inférieure à la vitesse normalement requise, mais un ravitaillement à cette vitesse n'avait jamais été réalisé par moi ou mon équipe».

La deuxième option «était de faire ce que nous appelons la "luge", où le ravitaillement se fait en descente pour permettre au Hornet de recueillir plus de vitesse. Cette option nous aurait amené sous une altitude qui n'était pas sécurisée, alors nous avons choisi la première option».

Avant de se connecter avec le panier du ravitailleur, le pilote du F/A-18C a pris soin de larguer ses charges externes, comme ses bombes air-sol, afin de rendre le ravitaillement plus aisé. En effet, en temps normal, le ravitaillement est compliqué pour tout pilote, même expérimenté. Alors avec un emport dissymétrique entre son aile droite et son aile gauche et l'absence d'un des deux réacteurs, le largage de ses charges sous ailes était le bienvenu.

Le chef de bord Jamie a déclaré que «le pilote de l'USMC a démontré d'incroyables compétences et que le KC-30A et le Hornet étaient en mesure d'effectuer une manœuvre compliquée afin de permettre au chasseur de pouvoir faire le plein, de quitter l'Irak, et d'atterrir en toute sécurité».

Le pilote en a conclu en indiquant que c'est «un véritable exploit car le ravitaillement en air-air avec un Hornet disposant d'un seul réacteur en marche n'avait jamais été mené dans des scénarios d'essais en vol, et jamais avec des avions de la Force Aérienne Royale Australienne dans des zones de guerre».

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James 02/11/2015 19:25

Un exploit en effet.
Une remarque : Le terme "charges alaires" veut dire les efforts appliqués sur toute la surface des ailes, notamment par la portance. Dans votre texte, le terme "charges sous ailes" est plus adapté.

Defens'Aero 02/11/2015 21:21

Bonsoir,

Merci pour votre remarque. J'ai modifié les termes de la phrase.

Cordialement,
Loïc.