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Defens'Aero

Le Royaume-Uni, l'Allemagne et la Turquie clouent au sol leurs A400M

Le Royaume-Uni, l'Allemagne et la Turquie clouent au sol leurs A400M

Photo : (c) Airbus - Formation en vol de cinq A400M "Atlas".

Samedi 09 Mai, peu de temps après son décollage, un avion de transport A400M d'Airbus Defence and Space s'est écrasé dans un champs à proximité de l'aéroport de San Pablo, à Séville, en Espagne.

L'avion de transport (MSN023), qui s'envolait pour son premier vol d'essai avant sa livraison à la Force Aérienne Turque, s'est écrasé aux alentours de 12h45 et l'accident a coûté la vie à quatre personnes sur les six (un pilote, un co-pilote, un mécanicien et trois ingénieurs) qui se trouvaient à bord de l'appareil. Les deux autres personnes ont été grièvement blessées avec des brûlures sur le corps au deuxième et troisième degré, et ont été transportées à l'hôpital dans un état grave, selon le communiqué de l'avionneur européen.

A la suite de ce tragique accident, le Royaume-Uni, l'Allemagne et la Turquie ont décidé de suspendre les missions effectuées par les premiers A400M qu'ils ont reçu.

En effet, le jour même du crash, un porte-paroles du Ministère anglais de la Défense a déclaré que "par mesure de précaution, les avions A400M de la Royal Air Force sont temporairement immobilisés" au sol.

La Royal Air Force dispose de deux A400M, stationnés sur la base aérienne de Brize Norton, aux côtés des C-130J Super-Hercules, des ravitailleurs A330 MRTT, et des C-17 Globemaster III. Le premier avion de transport a été réceptionné le 17 Novembre 2014 et le second l'a été le 27 Février 2015.

Du côté de l'Allemagne et de sa Luftwaffe, un officier de presse a indiqué que Berlin a "décidé samedi de suspendre jusqu’à nouvel ordre les vols d’entraînement de l’unique A400M des forces de défense allemande". L'unique avion de transport (MSN018) a été accueilli par la Luftwaffe le 18 Décembre 2014.

Berlin a passé une commande de cinquante-trois A400M "Atlas" à Airbus Defence & Space. Cependant, sur cette commande de cinquante-trois unités, treize appareils devraient être revendus à un ou plusieurs pays.

Enfin, après le Royaume-Uni et l'Allemagne, la Turquie a aussi fait le choix de clouer au sol ses deux A400M en attendant les résultats de l'enquêté qui est menée par les autorités judiciaires espagnoles et par Airbus Defence and Space. Après plusieurs reports en raison de désaccords entre Airbus et le gouvernement turc, ce dernier a finalement accepté la livraison de ses deux premiers A400M.

Du côté de la France et de son Armée de l'Air, le Ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a indiqué, hier Dimanche 10 Mai, qu'il ne prenait pas la décision de clouer au sol l'ensemble de la flotte d'A400M.

Si la flotte n'a pas été clouée au sol, les vols seront limités puisque le Ministre a précisé que "seuls les vols extrêmement prioritaires en opérations seront autorisés jusqu'à ce que nous ayons les éléments de l'enquête qui va être diligentée".

Ce dernier a tenu à préciser que "la France dispose aujourd'hui de six A400M qui ont cumulé plus de 1 700 heures de vol de manière extrêmement performante. C'est un appareil de très grande qualité". A l'heure actuelle, les A400M français ont effectué des missions en opération extérieure dans la bande sahélo-saharienne dans le cadre de l'opération Barkhane, mais aussi en Irak, pour l'opération Chammal. De plus, un équipage français a également effectué un tour du monde avec des atterrissages sur six continents.

La prise de cette décision de la part du Ministère de la Défense peut poser des questions légitimes. La non-utilisation des A400M pour les missions habituelles de transport pourrait amener la France à louer des avions de transport à des sociétés privés, et avec parfois des prix élevés.

De plus, l'Armée de l'Air ne pourra pas utiliser sa flotte de transport composée de C-160 Transall et C-130 Hercules pour remplacer les missions effectuées par les A400M. En effet, tout juste si une petite dizaine d'avions de transport est capable de prendre l'air pour des opérations au quotidien, alors il sera quasiment impossible pour l'Armée de l'Air d'en mobiliser deux ou trois pour une mission de transport entre, par exemple, la métropole et un théâtre d'opération.

Enfin, si le Ministère de la Défense décide de ne pas faire voler un A400M pour, par exemple, une mission d'entraînement, de formation, ou d'expérimentation en raison d'une risque probable de crash, alors pourquoi faire voler ce même A400M pour une mission "extrêmement prioritaire" ? Le risque aurait-il disparu... ?

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