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Defens'Aero

L'Escadron d’Hélicoptères 1/67 "Pyrénées" retournera s'entraîner au ravitaillement en vol en Italie

L'Escadron d’Hélicoptères 1/67 "Pyrénées" retournera s'entraîner au ravitaillement en vol en Italie

Photo : (c) JL.Brunet / Armée de l'Air - Deux Caracal ravitaillent sur un KC-130J Super Hercules italien.

Bien que l'Armée de l'Air dispose de l'EC 725 Caracal, hélicoptère ravitaillable en vol et utilisé dans des missions de recherche et de sauvetage au combat, cette dernière ne dispose pas des aéronefs capables de les ravitailler en vol.

C'est pourquoi, depuis plus d'un an maintenant, les équipages de l'Escadron d'Hélicoptères 1/67 "Pyrénées" se rendent régulièrement de l'autre côté de la frontière française, en Italie, et plus précisément sur la base aérienne de Pise, puisqu'elle accueille la 46è Brigade de Transport Aérien, issue de l'Aeronautica Militare, et équipée de KC-130J Super Hercules, qui disposent de deux nacelles afin de ravitailler des aéronefs en vol.

Lors de ces exercices, qui durent un peu moins d'une semaine, les pilotes français ont pour objectif d'obtenir leur qualification qui déclare qu'ils sont aptes à se ravitailler en vol. A contrario, pour ceux qui ont déjà cette qualification, l'objectif est de s'entraîner, d'améliorer, et surtout, de maintenir cette précieuse qualification.

Cette capacité, relativement récente dans l’Armée de l’Air, pose chaque année la question du renouvellement des qualifications des équipages pour cette discipline particulièrement exigeante.

En effet, le domaine de vol relatif à ce type de mission a été ouvert de façon non opérationnelle par Eurocopter dans la seconde moitié de l’année 2007, avant que deux équipages du CEAM ne parviennent à conduire les premières expérimentations réelles en 2008, à Pratica di Mare, en Italie, avec le Reparto Sperimentale Volo (le centre des essais en vol italien).

Depuis, les équipages s’entraînent chaque année, alternativement en France et en Italie le plus souvent, mais aussi de plus en plus souvent avec les forces américaines, pour maintenir cette qualification. Au fur et à mesure, et avec l’expérience acquise par les équipages français, le domaine s’est aussi élargi au ravitaillement de nuit depuis 2013.

Pendant ce temps, l’avenir se prépare doucement et il faudra encore plusieurs années avant de voir l’Armée de l’Air devenir totalement autonomes sur ce sujet. Par ailleurs, hormis quelques cas très spécifiques, la totale autonomie n’est plus à l’ordre du jour dans les programmes et les opérations militaires d’aujourd’hui.

L’avenir est en effet au couple A400M et Caracal. Si les premiers essais au sol puis en vol ont commencé en 2013, il est assez évident que le développement de l’A400M a d’autres capacités à démontrer d’ici là.

Si l’on regarde dans le parc actuel des ravitailleurs de l’Armée de l’Air, trois solutions étaient possibles mais aucunes ne conviennent pour le moment :

  • De métier, il y a les C-135FR/KC-135R : D’une disponibilité déjà très basse pour les chasseurs, ceux-ci ont surtout l’énorme inconvénient d’aller trop vite et de devoir le faire à une altitude trop élevée pour ravitailler des hélicoptères.​
  • Il y a bien sûr les C-160 Transall, rénovés et équipés de tuyaux de ravitaillement souples. Malheureusement, ce tuyau est d’une longueur limitée et il est également installé trop près du fuselage de l’avion. En position de ravitaillement, le rotor du Caracal serait relativement proche de l’empennage arrière du Transall et surtout en pleine turbulence de sillage. Bref, cela deviendrait rapidement pas propre du tout, et surtout, beaucoup trop dangereux.
  • Il reste alors les C-130 Hercules, dont la qualification pourrait sans doute s’obtenir assez rapidement si l’on achetait des pods, qui sont déjà utilisés aux Etats-Unis, mais aussi en Israël. Cependant, investir sur un avion qui vieillit, qui va devoir pallier à la diminution du parc de Transall, et qui sera remplacé par un appareil déjà prévu pour cette mission, n’est pas vraiment à la mode compte tenu des budgets actuels au sein du Ministère de la Défense.

Cependant, une nouvelle déconvenue vient toucher les A400M d'Airbus Defence & Space, puisqu'ils ne seront pas capable de ravitailler les hélicoptères. En effet, dernièrement, Laurent Collet-Billon, le patron de la Direction Générale de l'Armement, a déclaré qu'en raison des turbulences émises par les hélices contracycliques de l'A400M, les hélicoptères, qui sont par nature "instables" (tous types confondus), ne pourront pas être ravitaillés en vol, alors que c'était une demande qui avait été faite lors de la conception du cahier des charges.

Il va donc falloir rester patient et continuer à s’entraîner une fois de temps en temps avec nos alliés.

Il faut néanmoins souligner que cette capacité de ravitaillement en vol des hélicoptères reste une exception en Europe. Dans le domaine militaire aérien européen, la majorité des compétences exceptionnelles sont soit britanniques soit françaises… et celle-ci est bien française. Même si c’est une compétence dont l’entretien et la pérennité sont fragiles, car reposant sur des parcs de machines et d’équipages très limités, c’est une compétence qui démontre le grand niveau de maîtrise des militaires français et des aviateurs l’Armée de l’Air en particulier.

- Article co-écrit avec Olivier FOLLEA -

Le plus :

Vidéo : Deux EC725 Caracal de l'Armée de l'Air se ravitaillent sur un KC-130J Super Hercules de l'Aeronautica Militare. 

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