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Defens'Aero

Deux Mirage 2000D recherchent le vol AH5017 qui s'est écrasé au Mali

Deux Mirage 2000D recherchent le vol AH5017 qui s'est écrasé au Mali

L'aviation civile vit, ces derniers jours, une série noire (et non pas une loi des séries, qui n'existe pas) après le crash du Boeing 777 de Malaysian Airlines, abattu au-dessus de l'Ukraine, qui a fait 298 victimes, l'atterrissage d'urgence d'un ATR-72 à Taïwan, avec une quarantaine de morts, et enfin, le crash d'un MD-83 (vol AH5017) au Mali, de la compagnie Air Algérie.

L'avion a décollé dans la nuit du 23 au 24 Juillet de Ouagadougou, au Burkina Faso, afin de rallier Alger, capitale de l'Algérie. Environ une heure après le décollage de l'avion, qui transportait 112 passagers et 6 membres d'équipage, "les services de navigation aérienne ont eu leur dernier contact [....] le 24 Juillet à 01h45 GMT", a indiqué la compagnie aérienne algérienne.

Alors que l'avion, loué à la compagnie espagnole SwiftAir, allait franchir la frontière algérienne, il a été "demandé à l'équipage de se dérouter à cause d'une mauvaise visibilité et pour éviter un risque de collision avec un autre avion assurant la liaison Alger-Bamako", selon un membre d'Air Algérie, qui s'exprime à l'AFP, sous couvert d'anonymat. Le signal de l'appareil a été perdu quelques instants après le changement de cap.

Le MD-83, développé par l'avionneur américain McDonnell Douglas, avait à son bord différentes nationalités, comme 24 burkinabés, 8 libanais, 6 algériens, 6 espagnols, 5 canadiens, 4 allemands, 2 luxembourgeois, 1 belge, 1 camerounais, 1 égyptien, 1 malien, 1 nigérien, 1 roumain, 1 suisse, 1 ukrainien, 3 nationalités qui sont encore inconnues, et enfin, 51 ressortissants français. Par la suite, le Président de la République François Hollande a mené, hier à 17h00, une réunion de crise, avec le Ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, le Premier Ministre Manuel Valls, le Ministre des Affaires Etrangères Laurent Fabius, le Ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, ainsi que le secrétaire d'Etat aux transports, Frédéric Cuvillier. C'est à l'issu de cette réunion que François Hollande a déclaré que "tous les moyens militaires que nous avons sur place au Mali" seront mis à disposition pour retrouver l'épave de l'appareil.

Ce fût vite le cas, puisque Gilles Jaron, porte-paroles de l’État-Major des Armées, a déclaré que deux Mirage 2000D, stationnés sur la base aérienne de Niamey, au Niger, ont été "retaské", étant donné qu'ils effectuaient déjà une mission, afin d'aller effectuer des missions de reconnaissance au-dessus de la zone jugée la plus probable concernant le lieu du crash. Des drones Harfang et MQ-9 Reaper, utilisés pour les missions de reconnaissance et d'observation, peuvent également balayer la zone de recherche, pendant une durée bien plus longue que des avions de chasse. Des hélicoptères Apache néerlandais, déployés dans le cadre de la Minusma (Mission internationale de soutien au Mali), participent également aux recherches.

Vers 20h00 hier, le président du Mali Ibrahim Boubacar Keïta a déclaré que l'épave a été aperçue au Nord du Mali, plus précisément "entre Aguelhoc et Kidal". Cependant, un témoin, cité par Gilbert Diendiéré, chef d'Etat-Major des forces armées du Burkina Faso, a raconté avoir vu l'avion de ligne s'écraser dans la zone de Gossi, à quelques kilomètres de la frontière avec le Burkina Faso, bien plus au Sud que celle dite par le président malien. Le général Diendiéré, qui est le coordinateur de la cellule de crise mise en place à Ouagadougou, a quant à lui déclaré que "nous pensons que cela est fiable car nous avons également visionné les images radar qui montrent la progression de l'avion jusqu'à sa disparition, qui coïncide avec l'endroit indiqué par notre informateur". Paris a préféré faire ne pas faire de commentaire concernant la zone de l'accident.

Si l'épave de l'appareil est bel et bien située dans un des deux secteurs, les forces armées françaises devront alors sécuriser la zone du crash, afin que des enquêteurs puissent accéder en toute sécurité sur les lieux de l'accident, et récolter tous les indices possibles. Bien que nos militaires présents sur place mènent une guerre sans relâche contre les combattants des différents groupes terroristes de la région (Opération Barkhane), la sécurisation de la zone ne sera pas de tout repos et la force Serval va devoir mener cette mission, en plus des autres qui lui sont confiées.

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Actualisé 13h30 : La carcasse de l'avion de ligne a été retrouvée "à 50 km au nord de la frontière du Burkina Faso", près de Gossi, par un drone Reaper de l'Armée de l'Air, basé à Niamey, au Niger.

Par la suite, deux hélicoptères de l'Armée de Terre, "un Tigre et un hélicoptère de manoeuvre" selon le blog Le Mamouth, ont été envoyés sur place afin de confirmer visuellement qu'il s'agissait bien des restes de l'appareil. Enfin, une trentaine de véhicules, et une centaine de militaires français ont été envoyés sur la zone du crash (informations complémentaires dans le lien) afin de sécuriser les lieux.

Les militaires burkinabés, qui étaient les premiers sur les lieux, ont filmé la zone de l'accident. Des images, recueillies par les envoyés spéciaux de France2, ont été diffusées en exclusivité lors du journal télévisé.

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Photo : (c) EMA - Mirage 2000D au-dessus du Mali.

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Deux Mirage 2000D recherchent le vol AH5017 qui s'est écrasé au Mali

Infographie : (c) Le Figaro.

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